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Expériences vécues
Expériences vécues
Nous ne comptons plus le nombre d'enfants dont les parents font appel à nous. Nous recevons plus de 320 appels mensuels !
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Ainsi : Un bébé de 5 mois et demi a été soumis à une résidence alternée de 8 jours/ 8jours chez chacun des parents éloignés de 100 Km avec passage de l'enfant sur la place du village, devant le bistrot car le père agresse la mère. Un enfant de 10 mois passera la moitié des nuits chez son père et un mois complet cet été. Un enfant de 11 mois : Résidence chez la mère mais : Chez le père toutes les semaines du mercredi 18h au vendredi 8h, 1 er , 3eme, 5eme week-end de chaque mois du vendredi 18h au lundi 8h, moitié de toutes les vacances scolaires ( dont un mois complet l'été) Un enfant de 3 ans dont le père ne s'est jamais occupé, y compris financièrement, vient d'être enlevé à sa mère et confié à son père car la mère s'est éloignée pour son travail. ( cas de plus en plus fréquents) Un enfant de 5 ans doit subir une résidence alternée de 15 jours/15 jours car le père s'est éloigné ! Un enfant de 9 ans qui ne veut plus de la résidence alternée et continue à y être soumis plonge dans une dépression et est en échec scolaire. Etc…… Tous ces enfants vont mal et certains très mal. Combien en faudra-t-il encore pour que les élus s'attèlent à ce problème et prennent enfin leurs responsabilités ?
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Rien ne bouge, et les dossiers d'enfants qui souffrent continuent à se multiplier
De plus en plus de dossiers nous parviennent, qui concernent des enfants qui vont tous très mal. Avec des décisions judiciaires insensées !
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------------------------------------------------------------------------ Paris
Mr C. et Mme L. vivent maritalement. Un enfant naît, mais Mr C. n’a pas la fibre familiale et se consacre tout entier à sa carrière : De 9 heures à 20 heures il est dans son entreprise, parfois même le week- end. Il voyage beaucoup et seul.
Sa compagne lui reprochant son comportement, il la met plusieurs fois à la porte avec l’enfant. Elle se réfugie parfois chez des amis, parfois chez sa mère qui habite un département d’outre mer. Puis un jour elle décide de le quitter définitivement.
Quelques temps plus tard elle se rend avec son bébé au chevet de sa mère gravement malade. Son ex-conjoint saisit alors le juge aux affaires familiales (JAF), prétextant un éloignement volontaire de la mère.
Voici la décision du juge, alors que l’enfant n’a que 17 mois :
- Résidence chez le père, car : «Le maintien de la résidence de l’enfant en un lieu où elle vit depuis sa naissance constitue un élément rassurant, indispensable à l’intégration par ses soins de la séparation de ses parents. La sécurité spatiale est, aux yeux des spécialistes de la pédo-psychologie l’une des composantes essentielles de l’univers enfantin » (sic).
- Pour la mère : la première semaine des vacances de Noël les années paires - l’intégralité de toutes les autres «petites vacances » - la 1ère moitié des «grandes vacances » les années paires, la 2ème moitié les années impaires.
Et ce père, si « important » aux yeux du juge a fait le commentaire suivant à son ancienne compagne :
« Tu l’as eu dans le c… et bien profond. Tu auras intérêt à être bien gentille avec moi, si tu veux voir ta fille plus souvent …. »
Dans ce cas comme dans tous les autres, ce n’est pas le père qui s’occupera du bébé mais les grands parents paternels.
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Bobigny
Mme F. a cinq enfants de 2 à 12 ans. Elle s’est vue signifier une garde totale au père, pour la seule raison qu’il a pris un congé parental alors qu’elle travaille !
Peu de temps après, l’aîné a fait une fugue, les deux plus petits vont très mal, les deux du milieu veulent imiter leur frère aîné.
Quelques mois plus tard, le père finit par céder devant la détresse mais aussi la colère des enfants.
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Créteil
Mr et Mme C. divorcent : 2 enfants de 3 et 5 ans
Là aussi, et comme dans l’immense majorité des cas, c’est la mère qui assurait tout le quotidien et tous les soins aux enfants. Son mari était complètement investi dans sa carrière, peu présent au domicile familial.
Se sentant méprisée par son mari, intendante plus qu’épouse, elle passe et réussit des concours et commence une formation pour être directrice d’un établissement pour enfants. Mais elle a obligation de faire un stage de 3 mois à Rennes.
Le JAF statue :
- Résidence des enfants (3 et 5 ans) chez le père. - 1 week-end sur 2 pour la mère, et moitié des vacances scolaires.
Argument du juge :
« La résidence des enfants sera fixée chez le père car il est, des deux parents, celui qui a la situation professionnelle la plus stable ».
Les enfants, séparés de celle qui s’en était toujours occupé jusqu’alors, vont très mal. D’autant que le père n’est pas davantage présent aujourd’hui et là aussi ce sont, soit les grands parents paternels, soit une employée, qui font office de substituts maternels.
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Madame G., pour des raisons familiales, est obligée de s’installer dans une ville de l’ouest. Son enfant a alors 4 ans.
Voici la décision du JAF :
Résidence alternée annuelle, de septembre à septembre, pour que l’enfant puisse changer d’école aux rentrées scolaires.
Mais le père travaille dans le spectacle et part en tournée régulièrement. Ce sont donc les grands parents paternels, âgés, qui s’occuperont majoritairement de l’enfant quand elle sera chez son père…Et cette enfant changera d’école chaque année !!!
etc…etc…etc…, ce ne sont que quelques situations parmi tant d’autres recueillies dans le Pays des Droits de l’Homme.
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COMMENTAIRES DE L’ENFANT D’ABORD Non seulement nous sommes sollicités pour des enfants de 8 mois, 14 mois, 2ans, 3 ans etc… soumis à des alternances invraisemblables quel que soit le contexte familial. Mais nous sommes aussi régulièrement appelés pour des enfants jeunes qui sont retirés à leur mère, principale pourvoyeuse de soins, sans autre raison qu’un éloignement pourtant justifié par des raisons professionnelles, ou (quand elles se font mettre à la porte par leur conjoint) par la nécessité de trouver un logement dans les plus brefs délais. Ces jeunes mères sont par ailleurs confrontées au regard des autres, plein de suspicion : peu de gens savent, en effet, qu’une mère de jeunes enfants peut en perdre totalement la garde sans être indigne ou mal traitante, au seul nom des « droits du père ». Les enfants Les plus jeunes, outre des dysfonctionnements dans « l’attachement » à leur mère (dont on sait la gravité potentielle) outre tous leurs symptômes psychosomatiques, finissent, pour nombre d’entre eux, par souhaiter la mort de leur père : « Tant mieux si cette mouche elle meure, elle sera plus obligée d’aller chez son papa » (3 ans) « Qu’est ce que tu as de la chance que ton papa soit mort » (Garçon de 6 ans et demi à une petite camarade dont le papa est mort d’une rupture d’anévrisme) « Moi, je voudrais que papa y meure dans un accident » (5 ans) « Achète moi une trousse de chimiste. Comme ça je pourrai empoisonner papa » (7 ans) etc… Bien sûr, tous ces enfants ne souhaitent pas la mort effective de leur père. Mais ils traduisent ainsi leur désir de voir cesser une situation trop, beaucoup trop lourde à supporter. D’autres, nombreux, finissent, au fil du temps, par refuser totalement d’aller chez leur père, manifestant un profond rejet pour lui, mettant ainsi leur mère en grande difficulté. D’autres, enfin, parlent de fugue, de suicide : ils ont 7, 8, 9 ans… Nous avons recueilli à ce jour (juin 2005) environ 400 dossiers d’enfants de 0 à 9-10 ans, et des appels de plus en plus nombreux nous parviennent, qui émanent pour la plupart de mères, mais aussi de pères qui voient confier leur enfant encore jeune à une mère profondément alcoolique, ou très négligente, parfois même maltraitante. Combien de situations de ce type faudra-t-il encore pour que les pouvoirs publics réagissent et agissent ? … en un mot, prennent leurs responsabilités ? Combien encore ? Est – il normal que des fonctionnaires (les JAF) aient à ce point la bride sur le cou ? La loi de Mars 2002, sans le moindre garde-fou, est une boîte de Pandore ouverte à tous les abus et tous les abuseurs possibles. Et ce sont des centaines d’enfants qui en payent la note dans l’indifférence générale, une note très « salée » pour nombre d’entre eux. Mais au train où vont les choses, ce sera la société de demain qui elle aussi, en fera les frais !!!
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Les dossiers s'accumulent
Il n’en manque pas. L’Enfant d’Abord est appelé plusieurs fois par semaine pour aider des enfants qui souffrent. Ils souffrent de résidences alternées qui à un rythme variable les obligent dès le très jeune âge à vivre tantôt chez leur père, tantôt chez leur mère.
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De plus en plus souvent ce sont des médecins généralistes, des pédiatres, des pédopsychiatres, des avocats qui nous les adressent. Les histoires se suivent et se ressemblent toutes, extrêmement douloureuses…Les conseils qui nous sont demandés émanent de mères surtout (mais aussi de pères) gravement inquiets du devenir de leurs enfants, mais aussi très souvent profondément déçus et désabusés par des décisions judiciaires. Et des enfants, toujours plus nombreux, continuent à manifester des symptômes de détresse dus à des séparations d’avec leur mère, surtout nocturnes, trop longues ou trop fréquentes, et d’autant plus que dans la majorité des cas la séparation s’accompagne d’un climat conflictuel et de l’absence de communication entre les parents. Encore des cas bien réels qui illustrent les limites et les effets dévastateurs de certaines décisions judiciaires. ___________________________________________________________________________ Un « cas d’école » Madame N… est abandonnée par son compagnon durant sa grossesse. Il ne voulait pas de cet enfant. Cependant un mois avant l’accouchement il le reconnaît. Après la naissance, il ne s’en occupe jamais. Au 4ème mois le père disparaît, ne voyant le bébé que de façon épisodique et à son gré. Lorsque l’enfant a 7 mois, la maman saisit le juge aux affaires familiales avec l’espoir d’éclaircir la situation. Voici la décision (alors que l’enfant ne connaît quasiment pas son père) : - 1er, 3ème et 5ème week-end de chaque mois chez le père avec 2 nuits chaque fois - 2ème et 4ème mardi soir au mercredi matin chez le père (l’enfant étant pris et ramené chez la nourrice) - partage à moitié des vacances scolaires, dont 1 mois d’été chez le père. L’enfant présente immédiatement tous les symptômes habituels : - au départ chez son père il manifeste son désespoir - au retour chez sa mère, il rentre épuisé, dort jusqu’à 16 heures d’affilée, puis il pleure toutes les nuits, tape sa mère, refuse les bains - il hurle dès que la mère disparaît de sa vue - il se roule par terre en hurlant lorsque sa mère le laisse chez la nourrice - il refuse d’aller dans sa poussette. A 15 mois, la mère consulte un pédopsychiatre. Celui-ci (réputé par ailleurs pour son sérieux et sa compétence) décrit les changements de comportement de l’enfant après un long séjour chez sa mère et au retour d’un long séjour chez son père : - enfant enjoué, gai, en bon accordage tonique et affectif avec sa mère - au retour : enfant sérieux, peu communicatif, qui se replie dans les bras de sa mère Le pédopsychiatre demande à voir le père. Réponse de celui- ci : « C’est sûr que si c’est pour entendre qu’il faut que je le prenne moins, ça ne m’intéresse pas ! ». Le certificat du pédopsychiatre apporte les précisions suivantes : « L’enfant présente des angoisses de séparation et celles-ci peuvent faire le lit de pathologies importantes à l’âge adulte, et il serait prudent au nom du principe de précaution de ne pas faire subir à cet enfant des épreuves de séparation qui déborderaient ses capacités d’élaboration, créant une fragilité dans sa construction psychique ». On ne peut être plus clair. Cependant le juge refuse l’attestation du pédopsychiatre « parce que le père n’était pas présent à la consultation » (il avait refusé de s’y rendre) et la déclare « partiale et peu probante ». Il décide le maintien du même rythme d’alternance selon l’argumentation suivante : « Madame N… exagère un comportement normal de son fils, qui comme tout être humain a besoin d’un temps d’adaptation face à un nouvel environnement et à un père qu’il eut peu l’occasion de connaître jusque là. Persister dans un tel comportement de dramatisation excessive ne manquera pas d’obérer à terme les relation d’X avec son père et de mettre en péril son développement futur » (sic). Et afin de mieux punir cette mère préoccupée par les symptômes de son enfant, il la condamne aux entiers dépens de l’instance. On ne peut qu’être indigné de ce commentaire d’un juge aux affaires familiales du TGI de Nanterre, commentaire qui pourtant ne l’expose à aucun désagrément personnel… ___________________________________________________________________________ L’enfant de Madame D…, a vu sa résidence alternée supprimée, non pas parce qu’il allait mal, … mais parce que les domiciles parentaux étaient trop éloignés ! Le papa de V… a quitté le domicile familial après une tentative de suicide 13 mois plus tôt, alors que son enfant avait 2 ans _. Il s’est alors installé chez ses parents, à 30 km. de distance. La mère a accepté sa demande de voir son fils 1 week-end sur 2 et 1 jour par semaine. Le juge aux affaires familiales est consulté afin de préciser les modalités des droits de visite et d’hébergement. Le père demande alors la mise en place d’une garde alternée. V… se voit notifiée une résidence alternée : 1 semaine papa, 1 semaine maman. La distance des deux domiciles impose 2 heures de trajet AR pour se rendre à la crèche. La mère a parfaitement conscience du besoin qu’a l’enfant de voir son père qui participe à son développement, et souhaite que les relations de l’enfant avec son père soient « maintenues et favorisées ». Mais parallèlement la relation parentale devient très conflictuelle, le père faisant preuve de mauvaise foi, inventant des situations inexistantes, allant jusqu’à émettre des insultes et des menaces graves à la mère et des injures en présence de l’enfant. Dès la mise en place de la résidence alternée, V… commence à présenter des changements de comportement qui s’exacerbent pendant les jours suivant le retour de chez son père : - réveils et crises d’angoisse pendant les nuits - manque d’appétit - reprise du biberon - troubles de la propreté - demande d’une relation exclusive avec sa mère : il la suit partout, ne supporte pas son absence pendant quelques minutes, s’oppose au contact de sa mère avec d’autres personnes … Devant les troubles de l’enfant et la persistance d’un conflit parental sévère, une enquête sociale est réalisée. En voici la conclusion : « Pour éviter trop de trajet à l’enfant pour se rendre à l’école 1 semaine sur 2 il conviendrait de fixer la résidence habituelle de l’enfant chez sa mère, à compter de …, la résidence alternée devant demeurer en place jusque là ». Le juge aux affaires familiales suit les conclusions de l’enquête sociale et fixe la résidence habituelle de l’enfant chez sa mère, avec droit de visite et d’hébergement pour le papa du mardi soir au mercredi soir chaque semaine et les 2ème et 4ème fins de semaine. La seule argumentation de la décision consiste dans la distance des domiciles, aucune allusion n’étant faite aux symptômes de V… ni au conflit parental. ___________________________________________________________________________ Des souffrances « interdites » Madame L…, mariée depuis 20 ans, est mère de 3 enfants. L’aîné est décédé accidentellement, le second a 15 ans, le dernier 5 ans. Il y a 5 ans, après le décès de sa mère, son mari est devenu agressif puis violent. Malgré l’avis du psychiatre, elle a souhaité rester au domicile familial, pensant que tout finirait par rentrer dans l’ordre. Trois ans plus tard, alertée par les écoles et devant l’aggravation des menaces (tentative d’étranglement), un avocat est consulté : il conseille au père une séparation et celui-ci va s’installer chez son père pour 6 mois ; il vient chercher les enfants 1 week-end sur 2. L’état des enfants commence à s’améliorer et peu à peu ils sont contents de voir leur père. Au terme de ces 6 mois, le comportement du père restant inchangé, Madame L… décide de demander le divorce. Le père demande alors une garde alternée des enfants. Le juge aux affaires familiales, l’air soupçonneux, demande à la mère si l’aîné des enfants « s’est suicidé ». Réponse : non. Il refuse par ailleurs d’entendre l’inquiétude de la mère et lui commande de se taire. Le planning de vie décidé concerne l’année scolaire d’un enfant de 5 ans et un adolescent : il est appelé « droit de visite élargi », et non « garde alternée ». Il est ainsi notifié : - 1er, 3ème et 5ème week-ends chez le père du vendredi sortie d’école au lundi matin rentrée des classes - 2ème et 4ème milieux de semaine du mardi sortie d’école au jeudi matin rentrée des classes. - Partage à moitié des vacances scolaires. Les suites ne se font pas attendre. Chez le plus jeune enfant apparaissent des troubles du sommeil, des manifestations d’anxiété, des crises de larmes intempestives sans raison apparente, un comportement triste et absent qui inquiète la maîtresse d’école, etc… Mais les démarches visant à aider ces enfants s’avèrent impossibles : - la Direction de la Petite Enfance répond à la directrice de l’école maternelle qu’il est formellement interdit de faire état des troubles constatés chez le petit garçon. - la pédiatre qui suit l’enfant depuis sa naissance constate ses troubles mais il lui est interdit d’en faire état. - le pédopsychiatre auquel l’enfant dit qu’il veut dormir chez sa maman ne peut faire état de ses constatations ni de la demande de l’enfant, car le Conseil de l’Ordre l’interdit. Il prend contact avec le père et lui explique. - le père informé répond qu’il a droit à sa part d’enfant, que c’est la loi, qu’il a le droit pour lui, qu’il refuse d’y renoncer, mais il ne parle jamais de l’enfant. Une nouvelle audience est prévue par le juge, mais celui-ci précise que le nombre des dossiers à traiter ne permettra pas d’entendre les plaidoiries…! ___________________________________________________________________________ Polémique autour d’un enfant de 2 ans, non scolarisé A la suite de la séparation de ses parents et dans une atmosphère profondément conflictuelle, F…, 2 ans, a fait l’objet de la part du juge aux affaires familiales d’une ordonnance stipulant « un droit de visite et d’hébergement élargi » pour le père : - 1er, 3ème, 5ème week-ends du mois du vendredi soir après la crèche au dimanche soir - du mardi soir après la crèche au mercredi soir de chaque semaine - la moitié des vacances scolaires dont 1 mois l’été Autrement dit une résidence alternée qui ne dit pas son nom. Le contexte est le suivant : Le père veut une résidence alternée car il estime avoir des droits avant tout. Il ne paiera pas de pension alimentaire et sa propre mère gardera l’enfant : elle estime en effet avoir aussi des droits sur l’enfant car elle en a élevé trois dans le passé. Soignée avec des antidépresseurs lourds, elle affirme que l’enfant sera sa thérapie pour lui embellir la vie. La mère est consciente que l’enfant a besoin de ses deux parents, mais elle observe très vite qu’il présente des troubles préoccupants : - pleurs irraisonnés - vomissements et diarrhée - apathie - urticaire - anxiété et peur dès que sa mère s’éloigne de lui. Les choses en sont là… et pour combien de temps encore ? ___________________________________________________________________________ Des enfants maltraités Madame P… est séparée de son conjoint depuis 4 ans à la suite de violences dont elle était victime. Elle s’est installé »e à proximité de celui-ci dans l’intérêt des enfants, âgés de 7 et 11 ans. Le père a demandé une résidence alternée, refusée en première instance, puis acceptée en appel. L’arrêt stipule que « accepter que le conflit récurrent puisse faire en soi obstacle à la résidence alternée reviendrait à inciter les parents à créer artificiellement ou à poursuivre de façon irraisonnée des relations conflictuelles » (sic). Rien sur les enfants ni sur les risques qu’ils encourent du fait d’une résidence alternée dans une situation conflictuelle…. Depuis cette décision, les tentatives de la mère de communiquer avec son ex-mari sont refusées catégoriquement par celui-ci. Les enfants sont contraints par leur père de ne pas approcher leur mère lorsqu’ils la rencontrent dans la rue et ils n’osent plus venir vers elle. Une semaine sur deux, toute communication téléphonique est interdite entre les deux domiciles. Lorsque la mère emmène les enfants chez leur père, elle reçoit devant eux des volées d’injures. Les choses en sont là. Les professionnels consultés par la mère ne cachent pas leur inquiétude. L’équilibre mental de ces enfants et leur avenir d’adultes répondra à la question posée par la décision du juge : quel sera leur avenir ? ___________________________________________________________________________ Mais il y a pire dans l’incohérence et la maltraitance La petite M… n’a que 3 ans lorsque son père, qui ne s’en est jamais occupé lorsqu’elle était bébé, demande la résidence principale de l’enfant. Le juge aux affaires familiales, en mesure provisoire, maintient le domicile de l’enfant chez sa mère avec droit d’hébergement classique pour le père, et ordonne une enquête sociale. L’argumentation de celle-ci pourrait être copiée dans un article « pro-père » tel qu’il en foisonne dans la presse : « la mère transmet son angoisse à l’enfant, elle est possessive et veut exclure le père ». L’enquêtrice affirme, sans aucun argument qui le justifie, que ce dernier offre plus de « garanties sur un plan affectif et psychologique ». Cependant elle demande en conclusion que les mesures provisoires (domicile chez la mère) soient maintenues… !! Le juge aux affaires familiales, en réponse, décide de transférer la résidence de l’enfant chez le père qui vit en Belgique, avec pour la mère qui habite Paris droit de visite et d’hébergement du samedi midi au dimanche 20 heures tous les 15 jours… !! Devant le mal-être de sa fille, la mère fait appel de cette décision et une enquête médico-psychologique est ordonnée. Cette enquête relève « le désir franchement exprimé de l’enfant (à 6 ans) de venir vivre avec sa mère et la souffrance affective constante qu’engendre pour l’enfant la situation actuelle ». Cette enquête souligne par ailleurs les observations du médecin qui suit l’enfant à Paris : eczéma, manque d’hygiène, absence de prise de poids lorsque l’enfant revient de chez son père. Conclusion du juge aux affaires familiales : « Force est de constater que n’est pas démontrée l’existence de circonstances propres à justifier la modification des modalités d’hébergement de l’enfant dont le souhait est à lui seul insuffisant pour justifier une remise en cause de l’organisation de sa vie et qu’aucun élément n’établit que les conditions d’existence chez la mère seraient meilleures sur un plan matériel, éducatif ou affectif ». (sic) Comment ne pas être atterré par le mépris le plus absolu de l’enfant de la part du pouvoir judiciaire ? Cette enfant, à 6 ans et demi aujourd’hui, menace de fuguer ou de se suicider. Quel peut être son avenir ? Mais tout malheur a sa contrepartie : le juge ne partage pas l’angoisse de la mère. ___________________________________________________________________________ Les pères aussi rencontrent des difficultés pour leur enfant et de plus en plus souvent font appel à nous. Les uns, papas très responsables de jeunes enfants, veulent savoir ce qu’est cet « attachement » si indispensable à l’enfant, et veulent connaître toutes les possibilités et tous les risques des différents modes d’hébergement. D’autres se trouvent démunis, dans tous les sens du terme, par la distance qui les sépare de leur enfant. La maman a changé de lieu, soit pour raison professionnelle, soit pour se réfugier dans sa famille après la séparation, soit encore par dépit. Monsieur P… a deux enfants d’un premier mariage (adolescents aujourd’hui) et un enfant de 5 ans d’une deuxième union. La maman de ce dernier est partie vivre auprès de ses parents à 200 km. de chez le père. Ce dernier n’a pas les moyens de faire régulièrement les trajets ni de s’offrir un hébergement sur place. Par ailleurs, se rapprocher du domicile maternel (qui est en fait celui des grands-parents maternels) l’obligerait à s’éloigner des deux aînés qui, à leur âge, ont besoin de leur père. Que faire ? Monsieur D… est divorcé, père de deux enfants âgés de 3 et 6 ans. Son ex-femme a été mutée dans un pays d’outre-mer et il a accepté qu’elle emmène les enfants, trop jeunes pour être séparés de leur mère. Il a refait sa vie et vient d’avoir un bébé. Il verse une pension alimentaire mais n’a plus les moyens (avion, hébergement) d’aller voir ses enfants en cours d’année, et cela depuis 1 an. Il maintient le contact par des appels téléphoniques, des lettres ou des colis. Si, pour son fils de 6 ans on peut penser que cela peut pallier en partie l’absence physique de son père, c’est insuffisant et dommageable pour le petit de 3 ans. « L’Enfant d’Abord » considère que dans de tels cas les frais de déplacement du père pour aller voir ses enfants devraient venir en déduction de tout ou partie de la pension alimentaire. __________________________________________________________________________ La situation suivante illustre les insuffisances de la Justice et la réaction malsaine d’un parent, en l’occurrence la mère. Un bébé de 24 mois est laissé par sa mère à la garde d’une assistante maternelle jusqu’à 20 heures tous les soirs alors que le père, enseignant, pourrait s’en occuper lorsqu’il est libre et la ramener le soir chez sa mère : ce qui est recommandé par tous les spécialistes du développement infantile. Bien peu de cas est fait ici de l’intérêt de l’enfant. ___________________________________________________________________________ Parmi les dossiers que nous recueillons, plusieurs concernent des enfants de 7, 8, 9, 10 ans et plus Ils souffrent de la résidence alternée et de l’absence de communication entre leurs parents. Certains souhaitent vivre avec leur mère, d’autres avec leur père. Non pas qu’ils aiment moins l’un que l’autre, mais parce qu’ils se sentent mieux chez l’un que chez l’autre. N’est-il pas irresponsable de ne pas les entendre ? ___________________________________________________________________________ Des violences conjugales imposées à l’enfant Parmi les dossiers que nous recueillons, plusieurs concernent des enfants mis en résidence alternée alors que des violences conjugales importantes et avérées sont infligées par le père à la mère. L’argument avancé pour défendre malgré tout la résidence alternée est alors le suivant : « l’homme est violent, mais il peut être un bon père ». Comment peut-on être un « bon père » en donnant comme exemple à son enfant des scènes abjectes de violence ? __________________________________________________________________________ Ainsi, des enfants de plus en plus nombreux souffrent gravement de conditions de vie qui leur sont imposées par une situation parentale incohérente, par un conflit parental dont ils sont otages, et par des décisions judiciaires qui entérinent volontiers les difficultés imposées à l’enfant, voire les aggravent par des décisions inappropriées mais exemptées de toute critique. La grande majorité des élus que nous avons informés n’a pas souhaité répondre à notre appel : idéologie égalitaire entre père et mère où l’enfant n’a pas de place ? désinformation ? ou désintérêt pour ce grave dysfonctionnement de notre société qui ne saurait concerner leur mandat ou son prochain renouvellement ? Ce sera à terme l’enfant qui plus ou moins tôt paiera la note.
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9 expériences vécues
Il n’en manque pas. L’Enfant d’Abord est appelé plusieurs fois par semaine pour aider des enfants qui souffrent. Ils souffrent de résidences alternées qui à un rythme variable les obligent dès le très jeune âge à vivre tantôt chez leur père, tantôt chez leur mère. Les histoires qui suivent sont des réalités. Elles sont présentées de façon anonyme, mais elles résument des situations vécues dont les détails émanent de dossiers bien réels. Jusqu’à quand négligera-t-on – voire niera-t-on - l’existence de ces souffrances du petit enfant ?
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1 - Léa ------------------------------------------------------------------------
Léa a 2 ans lorsque ses parents se séparent. Le père demande la garde exclusive de l’enfant, alors qu’il ne s’est jamais investi dans les soins au bébé. Il obtient un droit de garde élargi : - 1 week-end sur 2 avec 2 nuits - 1 mercredi sur 2 du mardi soir au mercredi soir - la moitié des vacances scolaires. Dès les premières nuits loin de sa mère, Léa présente les premiers symptômes : - pleurs intenses lorsqu’elle doit partir chez papa - au retour, Léa boude sa mère, la tape - ses nuits sont ponctuées de réveils avec des hurlements d’angoisse . Seule la présence maternelle les calme. Durant les mois complets des étés 2002 et 2003 passés chez son père (Léa a maintenant 3 ans), celui-ci a refusé tout contact téléphonique entre l’enfant et sa mère. A chacun de ses retours, l’enfant était hébétée, prostrée. Puis ont succédé des périodes d’agitation et de prostration. Maintenant elle refuse catégoriquement de partir chez son père. Aujourd’hui, le père fait appel pour obtenir la résidence exclusive de l’enfant. Il tient un magasin ouvert tous les jours de 7h30 à 19h30 (le dimanche jusqu’à 12h30) et confie donc Léa à sa propre mère qui habite à 140 km du domicile maternel et 70 km du domicile paternel. C’est là une situation trop fréquente : l’un des parents est souvent trop occupé par ses activités personnelles et c’est sa famille qui s’occupe du petit enfant. Le déplacement et les visites fréquentes du parent qui n’a pas la garde habituelle serait plus adapté aux besoins de l’enfant.
2 – Kevin ------------------------------------------------------------------------
Kevin a aujourd’hui 3 ans. A l’âge de 15 mois il a été soumis à un régime de résidence alternée ( 8 jours chez son père / 8 jours chez sa mère ). L’enfant tombe régulièrement malade lorsqu’il est chez son père : - crises d’asthme sévères nécessitant son hospitalisation - fesses rouges - mycoses - eczéma - perte de poids de 1 à 2 kilogs Au départ pour aller chez son père : refus, pleurs et protestations vives. Les attestations des pédiatres et pédopsychiatres n’ont rien changé à la décision du juge : « maintien de la résidence alternée ». Kevin illustre malheureusement une situation fréquente. La décision judiciaire peut passer outre les avis spécialisés les plus autorisés. Ceci démontre la nécessité d’une formation adéquate des juges aux affaires familiales concernant les besoins psychologiques et physiques des enfants petits.
3 – Rosy ------------------------------------------------------------------------
Le père de Rosy n’a pas supporté les contraintes qu’impose un bébé à la maison. Lorsque Rosy a eu 3 mois, il a quitté le domicile, la mère et le bébé. Le divorce a été prononcé lorsque Rosy avait 7 mois, et le juge aux affaires familiales a décidé de la confier au père - un week-end sur deux incluant 3 nuits - le mercredi soir jusqu’au jeudi matin - et pendant la moitié des vacances scolaires Dès le début sont apparus des troubles sévères qui se sont maintenus ensuite : - eczéma - régression avec demande de biberon ou tétine - pleurs nocturnes, plusieurs fois par nuit, qui se calment lorsque la mère lui tient la main - fesses rouges - prostration de Rosy lorsque sa mère l’avertit qu’elle doit partir chez son papa - elle boude sa maman lorsqu’elle revient de chez son papa. Aujourd’hui, elle éprouve une aversion pour son père, d’autant que celui-ci la confie à sa propre mère pour s’en occuper. Lorsque Rosy a eu 16 mois, le juge a accordé au bébé un fractionnement important de toutes les vacances scolaires. Ici, devant la survenue de troubles caractérisés chez l’enfant et le rejet du père, le juge a eu la sagesse de reconnaître l’inadaptation de la décision antérieure et de conseiller une modification du système de garde.
4 - Martin ------------------------------------------------------------------------
Martin a 23 mois lorsque ses parents se séparent. Sa maman accepte l’éventualité d’une résidence alternée car elle pense que c’est ce qu’il y a de mieux dans le seul intérêt de son fils (1 semaine / 1 semaine). Dès le début de la mise en place de la résidence alternée, Martin présente des réveils nocturnes fréquents : il s’assied sur son lit, pleure et est pris de panique. Il a du mal à respirer et parfois il vomit. Sa mère a beaucoup de mal à le calmer. Au retour de chez son père, Martin a le visage figé et les yeux dans le vide. Il ne parle plus et ne répond plus à sa mère. Il devient violent. Quelques heures plus tard, l’enfant ne veut plus que sa mère s’éloigne de lui, et dans les jours qui suivent il refuse même d’aller chez son assistante maternelle. Le papa quant à lui affirme que tout va bien chez lui. Il refuse d’envisager un autre mode d’hébergement. Au bout de 7 mois cependant il reconnaît que Martin souffre de la séparation d’avec sa mère et accepte un mode d’hébergement progressif. Cette histoire est intéressante car elle démontre que les mêmes troubles peuvent apparaître chez l’enfant, même lorsque la mère est initialement consentante pour une résidence alternée.
5 – Clara ------------------------------------------------------------------------
Les parents de Clara se sont séparés lorsqu’elle avait 18 mois. Le papa s’est beaucoup impliqué dès la naissance dans les soins à l’enfant en se comportant comme une « mère-bis ». Il a exigé et imposé d’emblée une résidence alternée de 8 jours chacun. Clara a présenté très vite des signes de souffrance : - réveils nocturnes avec des cris - elle se frappe le visage - au retour de chez son père, après une réaction de joie de retrouver sa mère, elle la fuit et la tape - son regard est dans le vide - elle affirme qu’elle est méchante Chez son père elle présente une constipation opiniâtre. Tous ces symptômes se sont amplifiés depuis 10 mois que dure la résidence alternée. Le papa n’admet pas que l’enfant soit perturbée, mais lorsque, au téléphone, Clara dit qu’elle veut voir maman, son père fait « chut ». Elle affirme souvent : « le bébé a perdu sa maman ». Toujours les mêmes symptômes de souffrance liés dans le très jeune âge à la séparation d’avec la mère, et exprimés ici comme tels par l’enfant lui-même. Les conditions se dessinent d’un rejet du père, échec majeur pour le développement à venir de l’enfant.
6 – Laurent et Lucie ------------------------------------------------------------------------
Laurent et Lucie ont respectivement 2 ans et demi et 4 ans. Leurs parents se sont séparés il y a 1 an et une résidence alternée (de 8 jours / 8 jours et moitié des vacances scolaires) a été décidée par le juge. Dès le début, les deux enfants présentent des signes de souffrance. Laurent ne passe pas une nuit sans pleurer. - lorsqu’il revient de chez son père après 15 jours de vacances scolaires, il ne veut même plus aller se coucher pour sa sieste - après ces séparations, sa mère ne peut plus disparaître de sa vue sans déclencher une crise d’angoisse - il a des poussées d’eczéma - il présente des poussées de fièvre et des accès de rhino-pharyngite - au départ chez son père, son visage devient tendu et inexpressif - dans la voiture de son père il pousse des cris stridents et pleure éperdument. Lucie quant à elle tombe souvent malade depuis les débuts de la résidence alternée - elle fait fréquemment pipi dans sa culotte dès qu’elle éprouve le moindre stress - elle a des moments d’agressivité vis-à-vis des autres enfants et de son frère - elle devient de plus en plus solitaire et présente des pulsions qui l’amènent à détruire et casser des objets. Là aussi, le père nie tout problème et refuse de revenir sur la résidence alternée. Devant cette situation, la mère a dû réduire son activité professionnelle et ses revenus pour tenter de protéger psychologiquement ses enfants en étant davantage présente auprès d’eux lorsqu’elle en a la garde. Un frère et une sœur présentent simultanément des troubles sévères au moment de l’installation d’un système de résidence alternée.
7 – Myriam : un cas d’école, observé par plusieurs membres de l’association. ------------------------------------------------------------------------
Le papa et la maman de Myriam n’ont jamais vécu ensemble, mais depuis sa naissance la maman demande au papa de venir s’occuper du bébé 2 à 3 fois par semaine l’après-midi après sa sieste. Quand Myriam a 3 mois, la maman se renseigne auprès de spécialistes pour connaître la meilleure façon d’organiser les rencontres entre le père et sa fille : tous lui recommandent la progressivité. Le père refuse. Ayant adhéré à une association de pères, il exige sa « part d’enfant » et saisit le juge aux affaires familiales. Alors que Myriam a 9 mois et n’a jamais passé de nuit en dehors du foyer maternel, le juge octroie au papa d’emblée la garde 1 week-end sur 2 avec 2 nuits, 1 mardi après-midi sur 2 et la moitié des vacances scolaires. Le résultat est terrible : dès le retour du 1er week-end le bébé est perdu, refuse de regarder sa mère, s’agite sans arrêt. L’heure du coucher provoque des cris et pleurs d’angoisse intense. Puis ce sont les départs avec son papa qui provoquent des scènes terribles, des cris de désespoir et enfin l’enfant se résigne en devenant livide, avec un regard vide et sans expression. Au fil du temps, les symptômes au retour chez sa mère ne cessent de s’aggraver. Les scènes épouvantables du départ se sont reproduites chaque semaine durant 1 an…. Tous ceux qui y ont assisté dans le quartier ont été bouleversés, ils ont pensé que s’il s’était agi d’un chiot la SPA serait intervenue rapidement. La maman fait alors appel pour fractionner au moins les vacances d’été en 4 fois une semaine plutôt qu’un mois à la file, ceci afin de respecter la progressivité conseillée pour les changements de résidence, car le bébé n’a que 18 mois. Le père s’oppose à cette demande, arguant que son but est de couper ses relations avec l’enfant. Le juge aux affaires familiales conteste le bien-fondé des travaux et des attestations des spécialistes, souligne l’attachement du père à son enfant et « l’angoisse évidente de la mère » devant les troubles du bébé, décide que l’enfant doit être « le plus vite possible confronté à une séparation d’avec sa mère afin d’établir avec son père une relation vraie et complète… ». La mère est déboutée de sa demande, et le père est « invité à lui donner une fois par semaine des nouvelles de l’enfant ». Le retour de Myriam après 1 mois chez son père est indescriptible… au fil des départs et des retours l’enfant a alors présenté tous les symptômes d’une angoisse et d’un stress importants. Les départs de chez son assistante maternelle comme de chez sa mère entraînent des scènes épouvantables. Aujourd’hui cette enfant a 3 ans. Elle souffre de troubles sphinctériens sérieux et d’un angoisse d’abandon sévère. Une scène parmi d’autres : devant une mouche morte sur le sol : « Tant mieux si elle meurt, elle ne sera plus obligée d’aller chez son papa ». A l’âge de 3 ans cette enfant qui était naturellement gaie et vivante associe maintenant l’idée de la mort à la libération d’une contrainte trop angoissante ….celle d’aller chez son père ! Quelques commentaires : 1 – Est-ce que Myriam aime son papa ? La réponse est OUI, mais après avoir voulu s’imposer contre nature il est devenu quelqu’un d’anxiogène. Aujourd’hui elle ne cesse de lui demander : « Tu me ramèneras bien chez maman, c’est sûr ? ». 2 – Le juge aux affaires familiales avait-il ne serait-ce que quelques rudiments sur le développement psycho-affectif de l’enfant ? La réponse est NON. Il a préféré céder au stéréotype de la mère « possessive et anxieuse », sans penser que les troubles présentés par un petit enfant peuvent préoccuper sa mère… 3 – Certaines associations de pères ne sont-elles pas irresponsables d’extrémiser les papas de jeunes enfants tout en connaissant les risques qu’ils font courir non seulement à ces jeunes enfants, mais aussi à leurs pères eux-mêmes ?
8 – Mathéo et Julien ------------------------------------------------------------------------
Mathéo et Julien ont respectivement 14 mois et 2 ans _ lorsque leur maman quitte le domicile conjugal pour échapper à la violence de son concubin lorsqu’il est sous l’emprise de l’alcool. Le juge aux affaires familiales ordonne alors en jugement provisoire un droit de visite et d’hébergement très élargi pour le père : - toutes les semaines du mardi soir au jeudi matin - 1 week-end sur 2 du vendredi soir au lundi matin. Environ un an plus tard la maman dénonce la fatigue (le papa habite à 50 km) et les symptômes que présentent les deux enfants. Elle atteste par ailleurs la non-présentation des enfants après les vacances d’été et la non-présentation des enfants de façon régulière à l’école et à la crèche, ainsi que le non-paiement de la pension alimentaire. Malgré les symptômes, la distance et la non-communication des parents (santé, scolarité, loisirs etc…) le juge ordonne une résidence alternée. Aujourd’hui, après quelques mois d’application de la résidence alternée, les deux enfants vont mal : - ils sont épuisés tous les deux - l’aîné (4 ans) tourne en rond, marche sur la pointe des pieds, se cache, rampe et refuse qu’on lui parle. Il refuse d’aller à la selle et commence à souffrir d’une constipation chronique. Il pleure la nuit et les départs du domicile maternel sont poignants - le plus jeune (2 ans) souffre d’une hyperactivité et présente comme son frère des réveils nocturnes. Là encore le juge aux affaires familiales n’a tenu aucun compte de l’âge des enfants, des symptômes qu’ils présentent tous deux, de la distance des domiciles, du contexte familial et des violences conjugales. Les deux enfants devront faire face comme ils le pourront.
9 – Marie ------------------------------------------------------------------------
A l’âge de 5 ans, le juge aux affaires familiales, constatant l’exercice en commun de l’autorité parentale, décide d’une résidence alternée de l’enfant. Quatre mois plus tard, le père arguant de ses difficultés personnelles demande que la résidence soit fixée chez lui - tous les week-ends du vendredi (sortie d’école) au lundi matin (ou dimanche 20 heures s’il travaille le lendemain à 6 heures) - les lundis et mardis de 16h30 à 20 heures lorsqu’il travaille de 6 à 14 heures - le mercredi de 15h30 à 20 heures - le jeudi lorsqu’il travaille de 6 à 14 heures La mère a choisi de travailler le week-end pour offrir à Marie un rythme plus adapté. Elle demande que la résidence habituelle soit fixée chez elle avec un droit de visite et d’hébergement pour le père - pendant la moitié des vacances scolaires - du vendredi ou samedi au dimanche ou lundi selon les horaires de travail - le mercredi de 15h30 à 20 heures selon les horaires de travail Elle demande le versement d’une pension alimentaire de 180 euros et le partage égal du rattachement fiscal. Le juge décide le maintien de la résidence alternée, refuse la fixation d’une pension alimentaire et la répartition égale du rattachement fiscal. La résidence de l’enfant est ainsi ordonnée : Chez le père : - tous les week-ends à des horaires variant selon les conditions de travail - les lundis, mardis, mercredis et jeudis après-midi de la sortie d’école (le mercredi de 15h30) à 20 heures - pendant la moitié des vacances scolaires Chez la mère : - tous les soirs après 20 heures - du vendredi soir au samedi 13 heures lorsqu’elle travaille de nuit le samedi - pendant la moitié des vacances scolaires Le juge ordonne en outre une médiation familiale. Voici donc une « résidence alternée » qui autorise la mère à s’occuper de son enfant tous les jours de la semaine après 20 heures, à le déposer à l’école le lendemain matin, et exclue la possibilité de relation entre la mère et sa fille pendant les week-ends. Aucun commentaire ne semble adapté à une situation aussi invraisemblable, car il faut noter que la mère a toujours fait les efforts nécessaires pour satisfaire son enfant et permettre ses relations avec son père.
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