Qu’apporte l’Enfant d’Abord ?

L’Enfant d’Abord est une association de bénévoles, hommes et femmes, concernés par les difficultés des enfants vivant une situation de séparation parentale. Ces difficultés sont diverses. L’Enfant d’Abord souhaite intervenir au niveau de chacune d’elles.

L’absence de contact permanent entre l’enfant et ses deux parents détériore gravement l’organisation de la famille autour de l’enfant et la stabilité du foyer qui est nécessaire à son bien-être, à sa sécurité et à son développement.

L’Enfant d’Abord demande que dès le premier âge soient favorisées les rencontres de l’enfant avec ses deux parents en évitant le déplacement trop précoce du petit enfant chez chacun des parents et les déchirements de la séparation.
L’aménagement de visites très fréquentes du parent qui n’a pas la garde au domicile (ou près du domicile) habituel de l’enfant  répond à cette double nécessité : par exemple visites de quelques heures plusieurs fois par semaine, et si possible chaque jour.
Cet aménagement permet à l’enfant de bien connaître et d’acquérir une pleine confiance dans le parent qui ne vit pas avec lui. Il devrait se substituer le plus souvent au système de la garde alternée qui contredit le besoin de stabilité essentiel à cet âge.

L’Enfant d’Abord demande que ce mode de rencontre soit systématiquement envisagé dans le très jeune âge afin de mieux respecter les besoins du petit enfant.

L’absence d’entente entre les parents, voire l’existence d’une mésentente motivée par la jalousie, la rancœur, le désir de vengeance sont parfaitement perçues par le petit enfant qui peut se trouver en position d’otage et de responsable d’une situation qu’il ne peut assumer.

Dans les situations de mésentente parentale caractérisée, il est nécessaire que les deux parents soient mis en contact en présence de médiateurs spécialisés sous la forme de rencontres répétées pendant plusieurs semaines. Ce qui ne peut être résolu à l’occasion d’une rencontre unique avec le juge pourra ainsi faire l’objet d’une réflexion approfondie à la recherche d’une solution visant l’intérêt de l’enfant.
L’Enfant d’Abord demande que la médiation familiale soit plus souvent mise en œuvre, voire ordonnée lorsqu’elle n’est pas souhaitée conjointement par les deux parents .

Le projet de vie imposé à l’enfant n’est pas toujours conforme à ses besoins les plus élémentaires, mais trop souvent lié aux désirs personnels des adultes. Dans ces conditions la stabilité qui est indispensable à son évolution psychologique est en danger.

Pour le nourrisson et l’enfant petit, la perte des attachements (de la figure d’attachement la plus sécurisante et de son environnement) est un événement grave. Elle peut faire suite à une décision de « garde partagée » telle que par exemple le déplacement de l’enfant hors de son cadre de vie habituel un week-end sur deux ; ou à une décision plus caricaturale de « garde et résidence alternées » faisant suivre par exemple 15 jours chez le père, puis 15 jours chez la mère …etc…, voire mieux comme cela a été proposé pour des nourrissons : 3 « jours-père », puis 2 « jours-mère », puis 2 « jours-père », puis 3 « jours-mère »…etc… ! Tout le monde est content, et l’enfant n’a rien à dire.

Ce type de décision vise avant tout, sans d’ailleurs les satisfaire, à répondre de façon égalitaire aux demandes des deux parents, mais ne tient aucun compte des besoins réels de l’enfant qui sont sans rapport avec le temps passé avec chacun de ses parents.
Il impose à l’enfant une double vie et compromet son besoin essentiel de stabilité, de sécurité et de confiance, qui passe par l’existence d’attachements solides.
Toutes les études à ce sujet confirment que l’alternance des attachements est gravement préjudiciable à l’enfant et constitue une atteinte à ses besoins fondamentaux .

L’Enfant d’Abord demande expressément que soient respectés les besoins du petit enfant démontrés par l’expérience et confirmés par la recherche clinique. Les modalités d’application de la loi doivent être modulées en fonction de l’âge et des besoins de l’enfant :

  • pas de nuit passée en dehors de la résidence habituelle avant l’âge de 2 à 3 ans
  • pas de garde et résidence alternées avant l’âge de 5 à 6 ans, en fonction du niveau de maturité de l’enfant et si les conditions de son environnement le permettent.

Les juges aux affaires familiales ont une tache très difficile et une responsabilité considérable, décider de l’avenir de jeunes enfants dans des situations personnelles le plus souvent complexes. Or ils ne disposent pas des moyens qui seraient nécessaires à l’exercice de leur fonction.

Trois réalités doivent être soulignées :

  • le nombre croissant des situations de séparation parentale , lié largement à l’évolution des conditions de vie des adultes
  • la complexité et le caractère strictement individuel de chacune des situations à résoudre, qui ne peuvent se satisfaire de « recettes » pré-établies et demandent chacune une longue analyse
  • la très lourde responsabilité des juges aux affaires familiales qui ont à décider des conditions de vie d’un enfant, de son bien-être et de son avenir psycho-affectif.

L’Enfant d’Abord demande que les moyens de la justice des affaires familiales soient notablement confortés par une augmentation du nombre et des moyens des juges en proportion de leurs charges croissantes et par une formation des responsables de la petite enfance aux spécificités très particulières de leur fonction.

Les besoins affectifs et psychologiques du petit enfant sont trop souvent ignorés de la population, de certains responsables de la petite enfance et des pouvoirs publics. A côté des maltraitances physiques, les maltraitances psychologiques subies à cet âge passent volontiers inaperçues, mais elles persistent dans le temps, et pourront être causes à long terme de troubles divers : anxiété, dépression, voire troubles mentaux plus sévères.

Une vaste information s’impose concernant les maltraitances psychologiques des jeunes enfants. Les négligences et les erreurs supportées par les enfants de parents séparés sont des sources de désadaptation et de troubles du comportement.
Les responsables de la petite enfance sont les premiers concernés, dans les domaines de l’accompagnement des enfants, de la santé et de la justice.
Les pouvoirs publics doivent aussi savoir qu’une société incapable d’aider ses enfants en difficulté devra faire face à leurs comportements lorsqu’ils seront adolescents puis adultes.

L’Enfant d’Abord a pour mission d’informer par toutes les voies des medias : presse, radio-télévision, messages électroniques, réunions et manifestations. Les apports des personnes concernées par cette grave question nous seront précieux afin d’élargir cette information.

La qualité des informations existantes est malheureusement variable. Certaines sont contradictoires, aléatoires, inexactes, voire d’authentiques désinformations sans rapport avec les besoins et les intérêts de l’enfant.

De nombreux travaux scientifiques concernent les besoins psycho-affectifs du petit enfant. Ils émanent de personnalités qualifiées et reposent sur des études cliniques et des méthodologies rigoureuses. L’évolution de la neuropsychologie leur apporte de plus en plus des bases fondamentales.

L’Enfant d’Abord a pour objectifs de recueillir et de diffuser les résultats de ces études qui sont susceptibles de faire mieux connaître l’enfant et les moyens de protéger ses intérêts. Les références bibliographiques présentées dans ce même site   visent à apporter des informations de qualité.

Beaucoup de parents sont malheuresement mis brutalement devant la necessité de défendre les intérêts de l’enfant.

Souvent, ils connaissent mal les moyens qu’ils ont de l’aider et de prévenir d’éventuelles conséquences psychologiques ultérieures. Ils ont grand besoin d’une information objective et sérieuse.

L’Enfant d’Abord veut aider les parents séparés dont les enfants souffrent ou risquent de souffrir de décisions inappropriées.

  • L’Enfant d’Abord peut leur apporter soutien et conseils pour leur projet personnel et leurs démarches auprès des spécialistes concernés de la petite enfance.
  • Parallèlement, L’Enfant d ‘Abord souhaite colliger des situations individuelles éprouvantes et dangereuses pour l’enfant, et en faire état afin de faire évoluer dans l’intérêt de l’enfant des méthodes et des décisions trop souvent inadaptées.

Pour les tout petits, la loi sur l’autorité parentale est souvent inappropriée aux besoins de l’enfant.

Selon la loi, le principe de la garde alternée est l’égalité du temps passé par l’enfant avec l’un et l’autre de ses parents. La loi exprime le critère théorique de l’ « intérêt de l’enfant », dont nous savons qu’il est intimement lié à son âge et à son degré de maturité. Mais dans les faits chez le nourrisson et l’enfant petit l’application de la garde alternée reste possible et demeure une réalité, à une période particulièrement sensible de son évolution psycho-affective.

Il convient de rappeler que la garde alternée n’est pas admise partout (en Italie par exemple). Pour l’organisation des droits de visite et de la garde conjointe, les directives du tribunal des affaires familiales du comté de King, dans l’état de Washington, tiennent le plus grand compte de l’âge de l’enfant.

L’Enfant d’Abord demande qu’une commission d’experts pédopsychiatres et psychologues ayant effectué des travaux cliniques confirmés soit constituée, avec la mission de définir des conditions d’application de la loi qui permettent de répondre aux besoins et aux intérêts reconnus du nourrisson et du petit enfant.