Que faire pour préserver le nourisson
ou le jeune enfant ?

1 – Respecter l’âge de l’enfant

C’est une évidence. Pourtant trop souvent des décisions judiciaires inadaptées infligent au petit enfant une véritable maltraitance psychologique. C’est ainsi que l’on peut voir imposer à un enfant, indépendamment de son âge (de quelques mois à 18 ans !), un mode de vie « standard » tel que le « droit de garde » un week-end sur deux ou pendant la moitié des vacances scolaires (à 6 ou 8 mois !) en dehors du domicile habituel.
De telles décisions bien éloignées des besoins de l’enfant sont graves et ne devraient pas être possibles.

2 – Respecter la personnalité de l’enfant

Elle dépend de son âge, mais aussi de son degré de maturité, de ses habitudes de vie, des liens déjà établis avant la séparation et de ses besoins spécifiques éminemment variables avec le caractère et les tendances naturelles de chacun. Ceci demande du temps et des compétences.

3 – Considérer prioritairement les besoins de l’enfant

avant tout celui d’un environnement chaleureux et stable. Il faut donc connaître ces besoins, mais aussi leur donner la priorité sur les désirs des adultes, même si ceux-ci ne peuvent être étrangers aux décisions finales.

4 – Le contact nécessaire du petit enfant avec ses deux parents doit obéir à des règles

Ces règles doivent être compatibles avec sa nature et ses besoins fondamentaux. La mésentente parentale et les décisions fondées principalement sur les droits des parents imposent en effet trop souvent à l’enfant des situations intolérables :

  • les rencontres quotidiennes ou très fréquentes avec le parent qui n’a pas la garde   sont à favoriser, surtout chez le très jeune enfant. Elles lui permettent en effet de bien connaître ses deux parents et d’établir avec eux des relations de confiance et d’amour. A l’opposé des solutions de garde inconsidérées et étrangères aux besoins de l’enfant (par exemple la séparation pour la nuit, « l’enfant-nomade ») peuvent provoquer de sa part une réaction d’anxiété, voire le rejet de l’un de ses parents.
  • La séparation de l’enfant de sa figure d’attachement la plus sécurisante – sa mère le plus souvent – doit obéir à des règles : elle devrait être limitée à quelques heures dans la journée ; la séparation pour une nuit ne doit pas être envisagée avant l’ âge de 2 à 3 ans pour certains, en fonction de la sécurité ressentie par l’enfant grâce aux contacts habituels et répétés des visites antérieures.
  • Le départ prolongé d’un petit enfant de son domicile principal (par exemple pour les vacances d’été)est à éviter, des absences brèves et répétées étant préférables à une longue absence. Là encore, la maturité de l’enfant et son niveau d’intimité avec ses parents doivent guider la décision. L’organisation conjointe des vacances des deux parents est naturellement nécessaire dans l’intérêt de l’enfant.

5 – Adapter une progressivité à toutes les mesures touchant la stabilité de l’enfant

Nous savons que la stabilité de sa vie est une condition essentielle du bien-être du petit enfant. Elle permet dès le très jeune âge le développement de ses attachements aux deux parents et à l’environnement, l’installation de relations de confiance et de sécurité, l’évolution des capacités, la prise de conscience de soi et des autres. Plus tard elle sera la base de l’équilibre psychologique et intellectuel. L’évolution émotionnelle et affective du petit enfant permettra peu à peu de revoir et d’aménager ses conditions de vie.

6 – La médiation familiale doit être développée

Elle est un moyen précieux de favoriser la rencontre des deux parents et la mise au point d’une stratégie commune répondant aux besoins de l’enfant et comportant des mesures progressives. Dans les situations de mésentente parentale, elle permet d’aborder les questions conflictuelles, en présence de médiateurs compétents assurant la neutralité des orientations. La place accordée à ces médiations doit être celle d’un préalable aux décisions touchant l’enfant.

7 – La législation n’est pas toujours adaptée à un bonne prise en compte des intérêts et des besoins de l’enfant

  • Le partage égalitaire des droits de garde entre le père et la mère, avec l’idée d’un temps égal passé par l’enfant chez chacun de ses parents, en est l’axe principal. Mais il ne s’accorde pas avec le besoin fondamental du petit enfant de vivre dans la stabilité. Dans de telles conditions l’intérêt de l’enfant n’est guère pris en considération.
  • Les juges aux affaires familiales ont une lourde responsabilité : celle de fixer les dispositions à prendre dans les cas de séparation parentale et de décider de l’avenir de petits enfants en difficulté. Or ces situations le plus souvent complexes demandent un étude approfondie et leur nombre grandissant n’est guère compatible avec les moyens de ce secteur judiciaire qui demandent à être augmentés.
  • Une formation adéquate , spécifiquement centrée sur les besoins des bébés, est nécessaire à l’intention des médiateurs, des juges aux affaires familiales, des personnes intervenant auprès des enfants. Mais il faut aussi une meilleure information de la population, pour que les besoins des enfants soient mieux connus et satisfaits dans les décisions qui les concernent et engagent leur avenir.