AVIS DE SPÉCIALISTES
Nicole et Antoine GUÉDENEY

« L’attachement, concepts et applications » suivie de : Dans l’édition réactualisée de l’ouvrage « Attachement, concepts et applications » de N. et A. Guédeney, 2006 (respectivement pédopsychiatre dans le département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris et Professeur de pédopsychiatrie à l’hôpital Xavier Bichat-Claude Bernard à Paris) ceux-ci abordent le problème des gardes des jeunes enfants.


Ils soulignent l’importance
cruciale des besoins de sécurité de l’enfant jusqu’à 3 ans qui exclut des séparations prolongées de sa figure d’attachement principale ( la mère dans la majorité des cas) :

« La question de la garde pour les enfants de moins de 3 ans.

Les modèles qui sous-tendent actuellement les prises de décision concernant la résidence de l'enfant s'appuient en principe sur la préservation des intérêts de l'enfant.

Byrne et coll. (2005) recommandent de se servir de la théorie de l'attachement comme d'un canevas conceptuel pour évaluer la situation de l'enfant (mesures portant sur les relations parents-enfant, les forces et les faiblesses du parentage) et informer les différentes options alternatives de garde de l'enfant. Elle donne en effet des pistes pour orienter la réflexion, bien qu'il manque encore des recherches permettant de passer de la théorie aux décisions pratiques concernant la garde des enfants. La théorie de l'attachement insiste sur l'importance des besoins de sécurité dans les trois premières années de la vie, et l'existence d'une figure d'attachement principale. Les séparations d'avec celles ci doivent donc être soigneusement pensées en fonction des capacités développementales de l'enfant, de la qualité du co-parentage et des conditions de transition d'un parent à l'autre. »

Afin de préserver le sentiment de sécurité de l'enfant, chacun des parents doit rester accessible à l'enfant, et ce d'autant plus concrètement, physiquement que l'enfant est jeune. Si la séparation a lieu au court de la première année de vie de l'enfant (c'est à dire au court de la constitution de l'attachement aux parents), et si la mère est sa figure d'attachement principale, le lien physique à la mère et les routines de vie du bébé doivent être préservées tout en essayant d'atteindre deux objectifs: favoriser le lien d'attachement du bébé à son père en permettant des contacts très fréquents; préserver l'attachement du bébé à sa mère en évitant de trop longues séparations d'avec sa mère.

La question des nuits est un problème particulièrement difficile à résoudre: la nuit représente une situation de séparation qui réveille le système d'attachement des bébés, ils ont particulièrement besoin de la proximité de leur mère et de leur routines à ce moment. Solomon et Georges (1999b) ont conclu d'une étude sur les familles dont les parents se sont séparés, qu'en dessous de trois ans les nuits répétées chez le père font peser des risques sur la sécurité de l'attachement au sein de la relation mère-enfant, mais que cet effet peut être atténué ou majoré par le contexte relationnel entre les parents.

Il ne s'agit pas tant des aménagements concrets des nuits chez le père (nombre, régularité, age de début, etc.) que de l'importance du soutien psychologique fourni à l'enfant par la mère autour de ces séparations et de la possibilité de communication entre le père et la mère. De plus, si autour des moments de séparation et de retrouvailles, c'est à dire lorsque le système d'attachement de l'enfant est réveillé, les parents peuvent ne pas se sentir trop désespérés, prendre en compte le besoin d'aide de leur enfant, se sentir capable de le soutenir, de le rassurer s'il est stressé, et ne pas avoir peur d'être eux même rejetés, cela a des chances d'aider celui ci à construire et conserver un attachement sécure avec chacun d'eux. Cette étude conclut aussi que les nuits chez le père n'auraient ni effets positifs ni effets négatifs sur la qualité de l'attachement de l'enfant à son père. On comprend ainsi que, pour la théorie de l'attachement, le problème de la résidence des enfants de moins de trois ans de parents séparés n'a rien à voir avec la situation banale ou les jeunes enfant séjournent chez des membres de la famille, le plus souvent, dans un climat d'entente, de cohérence et où ceux qui gardent l'enfant sont à même de maintenir les conditions d'accessibilité en fonction des besoins de l'enfant avec les figures d'attachement dont il est momentanément et brièvement séparé.




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LE LIVRE NOIR DE LA GARDE ALTERNÉE
Édition Dunod par
Jacqueline Phélip
La loi du 4 mars 2002 sur l’autorité parentale a octroyé aux juges aux affaires familiales le pouvoir d’imposer une résidence ou garde alternée, au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant ».
Cet « intérêt supérieur » de l’enfant constitue une formule théorique qui désigne en réalité l’intérêt des parents.
Ces enfants de 0 à 6, 7 ans mais souvent plus âgés, sont traités comme des biens indivis qui relèveraient d’un droit de propriété.




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