L'opinion des spécialistes «
|
|
QUELQUES BASES SCIENTIFIQUES

|
A côté de son évolution physique, la maturation psychologique du nourrisson et du petit enfant est un des éléments essentiels de sa croissance. Pour limmédiat, elle est la base de son bien-être, de son équilibre et de sa stabilité psychologique. Pour lavenir, elle engage ses capacités douverture à lenvironnement et de développement mental.
Il est maintenant démontré que la qualité des relations avec les personnes et lenvironnement, ou à linverse le stress affectif ou psychologique, impriment leurs effets sur lactivité et sur le développement des structures cérébrales, et par leur intermédiaire sont capables dinfluencer les capacités intellectuelles, psychologiques et le comportement affectif.
Voici, brièvement résumées, quelques-unes des principales données actuelles sur ce sujet qui nous intéresse au premier plan :
1/ Le « stress psycho-social chronique » entraîne chez lenfant une hypersécrétion de cortisol dont le taux peut être mesuré dans le plasma ou dans la salive. Cet excès de cortisol provoque une atrophie de certaines cellules nerveuses et un déficit de la mémoire « inconsciente », base de la sécurité. Ces anomalies deviennent définitives si le stress persiste. Chez lanimal, il a été montré que lattachement réciproque de la mère et du bébé réduit définitivement ce taux de cortisol (rétablissant une situation normale), et quà linverse la séparation prolongée entre la mère et son bébé augmente définitivement ce taux.
2/ Certaines zones du cerveau droit sont mises en jeu chez le petit enfant par les phénomènes dattachement aux visages et aux voix. Ceci montre lexistence dun « substrat biologique de lattachement mère-bébé » qui a pour fonction la régulation de laffect vis-à-vis des expériences vécues.
3/ Les études fonctionnelles du cerveau en résonance magnétique confirment que lattachement correspond à une relation synchrone établie entre la mère et lenfant et qui entraîne dès lâge de quelques semaines une activation des mêmes zones du cortex cérébral chez la mère et chez lenfant. Cette « synchronie» est la base à cet âge de la sécurité et de ladaptation mentale progressive et de plus en plus complexe de lenfant à son environnement.
4/ Pendant le nursing, il est démontré que lapport sensoriel de la mère à son bébé intervient dans le développement anatomique des dendrites (qui sont les structures réceptives de la cellule nerveuse).
5/ Les stimuli affectifs, psychologiques, sociaux, le stress par exemple, sont aussi capables (tout comme la psychothérapie ou la pharmacopée) de modifier lexpression (cest-à-dire lactivité) des gènes « dormants », et par cet intermédiaire certains caractères et capacités cérébrales. Chez lanimal, les apprentissages modifient les connections et les interrelations entre les cellules nerveuses.
Toutes ces données, bien que partielles, sont évidemment incompatibles avec lidée dun cerveau se développant isolément, indépendamment de lenvironnement matériel, humain et social avec lequel il est en interrelation permanente. Lenvironnement, et avant tout chez le petit enfant le phénomène dattachement maternel affecte les fonctions du cerveau et la construction des structures cérébrales.
"LES PREMIÈRES ANNÉES DURENT TOUTES LA VIE"
Imprimé et distribué au Canada par l'Institut canadien de la santé infantile
La recherche sur le cerveau et le développement sain de votre enfant "JE SUIS VOTRE ENFANT" est une campagne mise sur pied par la Fondation Reiner visant à sensibiliser et à mobiliser le public face à limportance des nouveaux travaux de recherche portant sur le cerveau et face aux implications qui en
découlent pour le développement sain des enfants.
LES PREMIÈRES ANNÉES DURENT TOUTE LA VIE
Une mère nourrit son enfant et elle pose sur lui un regard empreint de tendresse.
Un père parle doucement à sa petite fille pendant quil la change de couche. Un enfant sendort au son de la berceuse quon lui chante doucement.
Ces moments du quotidien, ces simples instants de tendresse, sont essentiels à lépanouissement de lenfant. Tout comme le corps dun enfant a besoin daliments pour se développer, la science nous permet maintenant de constater que les expériences positives sur les plans affectif, physique et intellectuel vécues par lenfant au cours des premières années de la vie sont également nécessaires à la croissance dun cerveau en santé.
À la naissance, le cerveau du nourrisson compte 100 milliards de cellules nerveuses appelées neurones. Ces neurones entreprennent par la suite une période de croissance et se relient les uns aux autres dans les systèmes qui contrôlent les diverses fonctions de lorganisme, à savoir la vision, louïe, les mouvements et lexpression des émotions. Ces systèmes, activés par la répétition des expériences, fournissent le fondement de lorganisation et du fonctionnement du cerveau pour le reste de la vie. Labsence de stimulation appropriée nuit au développement de ces liens ou peut les faire disparaître.
Ce que les parents et les gardiens denfants devraient savoir sur le développement du cerveau, ...
Lire la suite au format PDF : [téléchargement]
Les neurosciences, la neurobiologie sous toutes ses formes, la neuroanatomie elle-même rejoignent ainsi des données connues de la psychanalyse, de la pharmaco et de la psychothérapie. Beaucoup de domaines restent à explorer pour affiner nos connaissances et connaître de mieux en mieux le développement neuropsychologique de lenfant et ses besoins.
Données récentes sur la formation et le fonctionnement du cerveau humain
M. Jeannerod, Professeur à lUniversité Claude Bernard Lyon I et Directeur de lInstitut des Sciences cognitives, a clairement présenté ce sujet dune grande complexité qui a bénéficié ces dernières décennies du développement spectaculaire de la neurobiologie (Marc JEANNEROD. Le cerveau intime. Odile Jacob éd., Paris, 2002). Nous nous limiterons ici à la présentation de quelques conclusions essentielles. Elles peuvent en effet améliorer la compréhension des réactions psychologiques engendrées chez lenfant par la séparation parentale et ses suites.
Remarquons dabord que depuis lAntiquité lun des principaux thèmes de la philosophie concerne la nature humaine et ses interrelations réciproques avec lenvironnement générateur démotions et de sentiments : « Je pense, donc je suis ». Cette vaste question reste dactualité, mais une meilleure connaissance du fonctionnement cérébral pourrait en modifier les données.
En effet de nouveaux moyens dexploration du cerveau sont apparus. Ce sont des moyens dimagerie cérébrale qui permettent dexplorer lactivité de zones précises du cerveau (tomographie à émission de positons, résonance magnétique fonctionnelle
). Ce sont aussi des moyens détude microscopique des gènes cellulaires et des connexions entre les cellules nerveuses (les neurones).
Grâce à ces techniques, les échanges interactifs permanents qui existent entre lenvironnement extérieur et le cerveau humain peuvent être schématisés de la façon suivante (cf. schéma).
1. Pendant la vie intra-utérine et dans la petite enfance se mettent en place
- les organes de perception qui reçoivent les messages extérieurs (visuels, auditifs
)
- les voies de la transmission nerveuse constituées de suites de cellules (les neurones) qui se succèdent et sont articulées entre elles par des synapses (liaisons anatomiques entre les neurones successifs),
- et les aires cérébrales spécialisées destinées à recevoir les messages et à les intégrer définitivement dans le système cérébral.
Cette première phase obéit aux éléments du génome individuel (ensemble des gènes portés par les chromosomes) et aux influences extérieures, c'est-à-dire aux perceptions du corps et du monde extérieur par le ftus puis le nouveau-né. Elle aboutit à constituer des zones cérébrales spécialisées (de laudition, de la vision, du tact
) en connexion avec les organes sensibles correspondants (la cochlée, lil, la peau
).
2. Après la naissance, lorganisation des connexions cérébrales se poursuit. Au niveau des synapses la sécrétion de substances appelées « neuromédiateurs » permet à linformation portée par un neurone de se propager à un ou plusieurs autres. Ce sont des substances variées : acétylcholine, adrénaline, sérotonine, histamine, des hormones dont le cortisol, des médicaments éventuellement
Ces substances règlent la perméabilité de la synapse à la transmission de linflux nerveux : autrement dit, selon les cas elles favorisent ou réduisent la fonction portée par cet influx nerveux.
- Si nous suivons par exemple le cheminement dune perception visuelle, elle part de lorgane de perception, lil, puis gagne une série de neurones successifs qui la mène jusquau territoire cérébral spécialisé de la vision.
- Parallèlement, dautres connexions synaptiques permettent à linflux nerveux de gagner des zones dont la fonction est différente. Cest ainsi que les informations visuelles vont (à la manière dun « copier-coller » dans un ordinateur) dépasser la zone cérébrale de la vision pour atteindre dautres territoires du cerveau porteurs des fonctions affectives et cognitives qui sont les bases du comportement mental.
- Ces connexions en tous sens sont très importantes car elles assurent la diffusion de linformation à lensemble du système cérébral. Ce processus, essentiel pour la construction du cerveau, se poursuit en fait pendant toute la vie.
- Il faut noter aussi que le voies nerveuses qui sont les plus utilisées deviennent peu à peu plus perméables à linflux nerveux, si bien quune sollicitation extérieure répétée imprime plus profondément dans le cerveau une marque indélébile. Cest lun des mécanismes des apprentissages.
Lensemble de ces connaissances éclaire donc la nature des relations qui existent entre le monde extérieur et les fonctions cérébrales :
- Dans un premier temps, linformation émanant de lenvironnement est reçue par lorgane sensoriel qui lui correspond (lil
)
- Elle est alors transmise par linflux nerveux à la zone fonctionnelle correspondante du cerveau (aire visuelle
)
- Mais elle diffuse aussi instantanément à dautres structures cérébrales et laisse ainsi sa trace définitive dans les territoires cognitifs, de la mémoire et de laffectivité. On conçoit dès lors combien les évènements du monde extérieur peuvent influencer les structures et le fonctionnement cérébral.
A limage du corps humain, le cerveau humain apparaît donc étroitement lié à son environnement. La construction des fonctions cérébrales dépend de la nature et des caractères des sollicitations extérieures sensorielles, affectives, culturelles
- Dans les conditions habituelles le cerveau et létat mental sont donc capables de sadapter avec efficacité au monde extérieur.
- Mais dans les situations de stress, de contrariété sérieuse ou datteinte à des conditions de vie normales, et surtout lorsquil sagit dévènements répétés il en est tout autrement. La mise en jeu des structures qui régissent laffectivité, la mémoire et le comportement explique alors les réactions dangoisse, dagressivité, de dépression et les troubles consécutifs que lon observe chez ladulte comme chez lenfant. Un exemple couramment rapporté dans notre environnement est celui des troubles psychologiques engendrés par les catastrophes ou les décès brutaux, qui justifient le recours à des psychologues spécialisés. On connaît aussi les variations des taux de certains neuromédiateurs (dopamine, sérotonine
) lors du stress et dautres conditions liées à lenvironnement.
Comme lécrivait Jean Piaget « les théories explicatives de lavenir ne seront satisfaites quen parvenant à intégrer en une totalité harmonieuse les interprétations de lembryogenèse, de la croissance organique et du développement mental ». La neurophysiologie est en train de faire ce chemin.

|
|

|
En Librairie «
|
|
|
|
LE LIVRE NOIR DE LA GARDE ALTERNÉE
Édition Dunod par
Jacqueline Phélip
|
La loi du 4 mars 2002 sur lautorité parentale a octroyé aux juges aux affaires familiales le pouvoir dimposer une résidence ou garde alternée, au nom de « lintérêt supérieur de lenfant ».
Cet « intérêt supérieur » de lenfant constitue une formule théorique qui désigne en réalité lintérêt des parents.
Ces enfants de 0 à 6, 7 ans mais souvent plus âgés, sont traités comme des biens indivis qui relèveraient dun droit de propriété. |
|
|
|
|
|