DANS LES MÉDIAS

• Reportage télévisé Radio Canada 23 novembre 2005

Des médias, de plus en plus nombreux, s'intéressent aux problèmes que pose la résidence alternée dans certaines situations.

Un reportage sur le sujet a été diffusé au Canada le 23 novembre. Les journalistes canadiens étaient venus en France pour interviewer longuement la Présidente de «  l'Enfant d'Abord » Jacqueline Phélip. Et bien que deux affirmations soient erronées (Jacqueline Phélip farouche opposante à la résidence alternée qui aurait un petit-fils en résidence alternée !) ce reportage intitulé «  Nomades malgré eux » est très intéressant pour plusieurs raisons.

Tout d'abord il donne la parole à des enfants de 5 à 13 ans environ qui vivent en résidence alternée. On perçoit à travers ce qu'ils témoignent quels efforts incommensurables ils font pour rendre leurs parents heureux de les avoir à tour de rôle et pour moitié. On y entend un petit garçon de cinq ans dire «  c'est très stressant » et plus loin «…  c'est la vie ! ».

On y voit aussi un couple séparé en bonne entente, et qui avait décidé à l'amiable une résidence alternée pour leur fils de quatre ans. Et bien que son père ait été très impliqué dans les soins précoces à l'enfant, ce dernier ne l'a pas supporté et a présenté toute une série de symptômes psychosomatiques qui ont décidé les parents à modifier le système de garde.

Mais on y entend le Professeur Yvon Gauthier, pédopsychiatre, Directeur de la clinique de l'Attachement à l'hôpital Sainte Justine au Québec, affirmer qu'il examine de plus en plus souvent des enfants qui vont mal car soumis à des résidences alternées. Le Professeur Gauthier met en garde contre une mode dont on ne connaît pas les conséquences et qui transforme les enfants en «  cobayes ».

On peut visionner ce reportage sur le site de télévision canadienne :

http://www.radio-canada.ca

TV / Emissions / Enjeux / Reportages / Nomades malgré eux.

Nous en profitons pour donner à nouveau la position de «  l'Enfant d'Abord » sur ce sujet si sensible :

La loi de Mars 2002 a rendu légale une pratique que des parents choisissent et qui convient à certains enfants. Il serait donc incongru d'en demander la suppression.

Mais cette loi ne précise rien et n'a aucun garde-fou. Elle autorise cependant les Juges aux Affaires familiales à pouvoir imposer une résidence alternée.

La majorité des juges essayent d'être prudents mais ils n'ont pas de formation sur le développement psychoaffectif des enfants. Ils ne sont pas assez nombreux et sont débordés par le nombre de dossiers qu'ils ont à traiter. Ils n'ont pas d'outils (enquêtes sociales ou expertises diverses) suffisamment fiables pour faire la lumière sur chaque situation familiale. Nous demandons donc que cette loi soit encadrée par des garde-fous tout en préservant mère, père et surtout les enfants.

 


• « Le journal des psychologues » Juin 2005

La revue publie un dossier sur la résidence alternée.
Interviennent :
Gérard Ney rand, sociologue
Gérard Poussin, psychologue
Maurice Berger, pédopsychiatre hospitalier
Hana Rottman, pédopsychiatre et psychanalyste.

La première chose qui frappe à la lecture de ces articles, est la façon d’aborder ce sujet (soit théorique soit pragmatique) :
- G. Neyrand, fidèle à ses convictions passées et toujours présentes reste campé sur une position socio- idéologique irréductible.
- G. Poussin, quant à lui, décrit une théorie d’études contradictoires, qui en définitive ne résolvent rien.
- H. Rottman et M. Berger, enfin, parlent d’enfants, et d’enfants bien réels, « en chair et en os » qui vont mal, parfois très, très mal. Mais il est vrai qu’ils sont tous deux médecins, spécialistes en santé mentale infantile.


1 - G. Neyrand :

« Par delà les difficultés rencontrées par certains ou le mal-être manifesté par quelques enfants, les résultats (enquête sur la résidence alternée) donnaient une image plus positive de la pratique que celle diffusée jusqu’ici par des cliniciens confrontés aux dysfonctionnements pathologiques qu’elle avait pu mettre en évidence. » ….

« Dans les trois quarts des demandes de résidence en alternance, l’enfant unique ou le plus jeune a moins de dix ans et dans un tiers des cas, moins de quatre ans ( Moreau et al..2004). Le nombre d’enfants concernés est loin d’être négligeable, ce qui ne manque pas d’accroître la possibilité que certains y soient mal à l’aise, comme j’ai pu le constater chez une minorité d’enfants, voire présentent des troubles psychiques…L’existence de ces troubles auxquels sont d’abord confrontés les pédopsychiatres, a poussé certains d’entre eux à adopter une position résolument hostile à l’alternance, au prétexte que la seule personne capable de s’occuper d’un bébé ou d’un jeune enfant serait la mère. » …..

Commentaire

Nous apprenons, de l’aveu même de G. Neyrand, que ce que certains appelaient « étude » sur la pratique de la résidence alternée, n’était en fait qu’une « enquête ». Celle-ci portait sur un échantillon non probant, mais qui plus est avant que la loi n’autorise des juges à imposer ce mode d’hébergement.
Mais ses remarques sont intéressantes. Tout d’abord elles laissent supposer que les parents qui ont des enfants qui vont mal, les emmènent en consultation chez des sociologues.
Par ailleurs, le fait de voir, chez des pédopsychiatres qui observent de jeunes enfants qui ont des troubles graves et parfois très graves, « une opposition farouche à la résidence alternée », alors même que ces derniers demandent tout simplement à la justice, au nom du principe de précaution, un aménagement progressif des temps d’hébergement chez le père, ne peut qu’étonner !
G. Neyrand y voit un « sourd complot » contre l’évolution de la société et les nouvelles formes de familles et de rôles parentaux :
C’est vraiment faire bien peu de cas de ces centaines d’enfants qui vont mal, y compris parfois quand les parents s’entendent bien et organisent à l’amiable une résidence alternée. C’est aussi prendre ses désirs pour des réalités, d’une part en considérant qu’aujourd’hui beaucoup de pères s’occupent personnellement de leur jeune enfant autant que les mères ; d’autre part en affirmant que ces pères là ne demandent pas la résidence alternée ( nous avons la preuve du contraire).
La famille nucléaire (papa, maman et enfants) serait obsolète aux yeux de G. Neyrand : une vieille habitude bourgeoise dépassée. Comment expliquer alors que le vœu le plus cher de tout enfant de parents séparés est de revoir ses parents revivre ensemble, sous le même toit ?
Il affirmait également que « le primat maternel est plus une habitude sociale et culturelle qu’une nécessité pour l’enfant ! »
Cette affirmation nous parait tout à fait dangereuse : lorsqu’on sait aujourd’hui, combien la qualité de ce lien mère-enfant, qui débute durant la grossesse, est d’une importance capitale pour l’équilibre futur de l’enfant, on peut affirmer que l’« habitude sociale et culturelle » délétère serait de confier les bébés et très jeunes enfants à des substituts maternels, sans raison valable.
D’autant que l’on sait aujourd’hui que le type d’échanges qu’a une mère avec son enfant découle aussi de son propre vécu dans son enfance ( transmission transgénérationnelle, en termes d’affects négatifs).
On observe, du reste, les troubles de « l’attachement » chez nombre d’enfants abandonnés à la naissance et adoptés par des familles ô combien aimantes.
Il serait donc plus judicieux et surtout plus responsable de créer les conditions qui favorisent la qualité de ce lien mère-enfant dans les premières années de vie, plutôt que d’inventer des modèles parentaux qui l’hypothèquent.
G. Neyrand appartient au comité d’honneur d’une association de pères et ce n’est pas anodin…


2 - G. Poussin :

Qu’écrit il ?

- Un enfant sur quatre ne voit plus son père après une séparation (selon l’INED)

- Selon McLanahan, l’absence du père est associée à une baisse des performances scolaires.

- L’étude de Solomon et George ne serait pas probante ( 2/3 des enfants qui passent des nuits chez leur père ont un attachement à leur mère de type désorganisé),

- Car : M. E. Lamb, lui, affirme qu’un bébé doit absolument dormir chez son père, car l’enfant a besoin d’un contact qui implique le coucher et le lever avec lui.
Il précise tout de même que « les parents doivent appliquer les mêmes rituels de coucher, de réveil, de prise de repas » etc.…

- G. Poussin cite enfin une étude de R A. Warshak ( 2000) qui estime que la sécurité de l’attachement dépend surtout de la qualité des soins dispensés à l’enfant ( ce que tous les professionnels savent).

- Enfin, après avoir posé la question : « qui faut-il sacrifier, le père ? la mère ? », G. Poussin conclue que « l’important est de promouvoir une solution qui permette à l’enfant un véritable accès à ses deux parents sans privilégier l’un ou l’autre. »

Commentaire

L’étude de Solomon et George ne dit pas, en effet, que tous les enfants qui passent des nuits chez leur père ont un attachement beaucoup plus insécurisé et même désorganisé à leur mère, mais les 2/3 oui.
Leur étude confirme du reste, celle qui fut faite dans le kibboutz où les enfants qui dormaient loin de leurs parents développaient un attachement insécurisé à leur mère.
C’est aussi ce que nous constatons dans les très nombreux cas qui nous sont soumis.
Et c’est aussi ce qu’observent le Dr. Berger, le Dr Rottman et bien d’autres.
Quant aux affirmations de M. E. Lamb, elles manquent pour le moins de réalisme :
Sans doute a-t-il dû oublier d’étudier les enfants de la séparation conflictuelle, soumis à des résidences alternées imposées et dont le père jette le doudou parce qu’il vient de chez la mère (une constante chez les tout petits en résidence alternée imposée), ou refuse tous conseils parce qu il « fait ce qu’il veut avec son enfant lorsque c’est son tour de l’avoir », et « que cela ne regarde pas la mère !! »
Imposer, alors, les mêmes rituels de coucher, lever, et repas n’est plus qu’un vœu pieux !
Enfin G. Poussin conclue qu’il faut promouvoir une solution, mais il se garde d’en proposer une, comme s’il ne voulait fâcher personne….
T. Brazelton, que sa pointure internationale exempte de ces pudeurs propose des solutions : celles là mêmes qui sont reprises par M. Berger et les autres, qui ne sacrifient personne et surtout pas les enfants.


3 - Maurice Berger

Il précise d’emblée que sa position est uniquement médicale. Ayant observé plus de 150 enfants soumis à des résidences alternées incompatibles avec leur âge, il a constaté divers symptômes qui indiquaient une atteinte psychique chez ces enfants.
« Si la résidence alternée était un médicament, elle n’obtiendrait pas d’autorisation de mise sur le marché du fait de ses effets secondaires, ou alors elle serait au tableau A.. »
Il se réfère ensuite à différents auteurs dont les études confirment ses observations cliniques, et cite une publication assez exhaustive de R. Otis qui, reprenant l’ensemble des travaux, conclue :

« Les recherches qui comparent les différentes modalités de garde sont restreintes, présentent des résultats souvent contradictoires et montrent des faiblesses méthodologiques qui invitent à la prudence. L’état des enfants est évalué par check-list et pratiquement jamais par observation directe »

M. Berger conclue que l’on ne pourra faire l’économie d’un travail de recherche impliquant ministère de la justice, juges aux affaires familiales, et Direction Générale de la Santé, car la justice prend aujourd’hui des risques pour la santé psychique des enfants.


4 - Hana Rottman :

« La figure d’attachement principal, malgré les évolutions de la société, le travail féminin ou l’arrivée des « nouveaux pères », reste encore actuellement généralement la mère, sauf cas particuliers. C’est ce que j’ai pu constater sur les centaines d’enfants que j’ai pu voir durant trente ans en consultation pédopsychiatrique, même au cours de ces dernières années. Aucune étude récente n’est venue le démentir. »

H. Rottman décrit ensuite les symptômes des enfants lorsqu’ils sont séparés de leur figure d’attachement principale de façon intempestive, mal préparée, violente ou trop précoce.
Elle explique le clivage qui s’installe dans les vécus traumatiques et les situations de double attachement :

« Tous les professionnels de la santé mentale de l’enfant considèrent la séparation, le sentiment de perte et d’abandon et l’état dépressif qui peuvent en découler comme un risque majeur pour la santé psychique de l’enfant, surtout s’il est jeune, qui doit être pris en considération, analysé et traité avec beaucoup d’attention. Si l’enfant n’obtient ni écoute ni soulagement à sa souffrance, il se coupe de son propre ressenti et est amené à un « clivage interne » ( R. Roussillon) qui l’amène à être spectateur non concerné de ce qu’il vit, voire s’en absente. C’est ainsi que l’on peut expliquer que certains parents de bonne foi déclarent que l’enfant supporte très bien la séparation, puisque, une fois parti de chez le parent où il s’opposait à ce départ, il s’apaise et se conforme parfaitement à ce qui est attendu de lui. D’où la conviction que c’est sous l’emprise de l’autre parent que l’enfant feignait ne pas vouloir s’en séparer. » …..

« En résidence alternée l’enfant est amené à vivre, de manière alternative et en durée égale, dans deux milieux de vie différents, avec un double attachement à deux adultes importants pour lui, référents identificatoires et porteurs de règles et de valeurs parfois conflictuelles et pourtant de même poids. L’enfant se coupe en deux parties qui s’ignorent l’une l’autre pour éviter d’avoir la difficulté à articuler deux mondes opposés qu’on lui demande d’intérioriser. L’enfant risque alors de se construire en « faux self » ou en double personnalité… »

Commentaire

Et c’est aussi ce que nous pouvons observer, strictement, dans les centaines de cas qui nous sont soumis.
Il faudra bien arriver, un jour, et le plus vite possible, à sortir des débats idéologiques qui entourent ce très grave sujet. Faute d’avoir une expérience clinique suffisante, une connaissance suffisante en santé mentale de l’enfant, les intervenants se jettent à la tête des études diverses, qui mélangent pères, mères, enfants sous le même toit, ceux qui sont séparés amicalement, et ceux qui sont séparés de manière conflictuelle.
Nous rappellerons que J. Wallerstein mais aussi bien d’autres, n’est pas opposée aux résidences alternées organisées à l’amiable par les parents lorsque l’enfant y est à l’aise, mais elle est opposée à celles qui sont imposées par les tribunaux.
J. Wallerstein précisait même que tous les adolescents et jeunes adultes (soumis à des résidences alternées) qu’elle avaient rencontrés lui avaient confié avoir le sentiment d’être des citoyens de seconde zone, de n’avoir aucune emprise sur leur propre vie…
C’est aussi la position, identique en tous points, de M. Berger et nombre de ses confrères qui connaissent le sujet, et surtout qui ne passent pas par « pertes et profits » ces centaines d’enfants sacrifiés à un modus vivendi « une mode » d’autres diraient « tendance », ou à l’idée que le fonctionnement de notre société n’est que progrès.
Nous observons que de plus en plus de résidences alternées ( ou droits de visite élargis) sont accordées aux pères qui en font la demande.
Au TGI de Nanterre, par exemple, le zèle des JAF pousse certains à ordonner une R.A. alors que le père ne la demande pas.
A l’inverse de ce que veut faire croire G. Neyrand, les pères qui demandent une résidence alternée de leur bébé ou jeune enfant sont très nombreux ( majorité des cas que l’on nous soumet) et ne sont pas toujours les meilleurs... loin s’en faut.
Evelyne Serverin, directeur de recherche au Cnrs, nous apprend ( Ce que l’on nous avait déjà dit) que la résidence alternée avait été pensée par le législateur comme moyen de prise en charge des adolescents, par leur père….
Le débat le plus utile qui devrait avoir lieu aujourd’hui, c’est de définir et préciser les points les plus importants pour une construction psychique optimisée de l’enfant qui doivent lui être fournis par son père d’un côté, par sa mère de l’autre, et non par une mère et une mère « bis ».

Une anecdote :

Il y a un mois, ma belle-fille devant se rendre en Angleterre pour une semaine, j’ai dû garder les trois enfants âgés de 5, 4, et 2 ans et demi. Mon fils, plutôt nouveau père, était présent et ses enfants l’adorent.
Tout se passait bien jusqu’au coucher. Leur père les mettait au lit et racontait une histoire. Mais avant d’éteindre la lumière, le regard de ces enfants s’embuait de larmes, une tristesse angoissée imprégnait leur frimousse :
« Quand elle revient maman ? »
« Bientôt, répondait leur père », et il comptait les dodos qui restaient avant le retour de leur mère, ajoutant que les étoiles leur renvoyaient les baisers de maman.
Ces jeunes parents ne sont ni divorcés ni en conflit et pourtant………

J.P.



« Psychologies », décembre 2004

La revue « Psychologies » présente dans son numéro de décembre 2004 une enquête intitulée « Garde alternée, attention danger ! » sous la signature de Violaine GELLY. Cette journaliste a fait l’effort de s’appuyer sur plusieurs dossiers bien réels.

« L’aveuglement judiciaire » qui privilégie l’application d’un système préconçu au détriment des besoins personnels d’un enfant crée pour lui une situation dangereuse. L’imposition sans nuance de la garde alternée à des enfants peut entraîner chez eux une souffrance psychologique sévère et des troubles graves.

L’article de Violaine GELLY brille par son sérieux et son objectivité. Il est un bref condensé des très nombreux cas d’enfants maltraités que recueille journellement « L’Enfant d’Abord ».



Le 22 mars 2005 ARTE présentera à 20h30 :

Un documentaire sur la résidence alternée et les mouvements masculinistes que sont devenues nombre d’associations dites « de pères ». A VOIR ABSOLUMENT
[lire l'actualité du 25 mars 2005]






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LE LIVRE NOIR DE LA GARDE ALTERNÉE
Édition Dunod par
Jacqueline Phélip
La loi du 4 mars 2002 sur l’autorité parentale a octroyé aux juges aux affaires familiales le pouvoir d’imposer une résidence ou garde alternée, au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant ».
Cet « intérêt supérieur » de l’enfant constitue une formule théorique qui désigne en réalité l’intérêt des parents.
Ces enfants de 0 à 6, 7 ans mais souvent plus âgés, sont traités comme des biens indivis qui relèveraient d’un droit de propriété.




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