L'opinion des spécialistes «
|
|
DOSSIER DE PRESSE

|
LENFANT DABORD
Contre la résidence alternée imposée par la justice
A chaque âge ses besoins
LENFANT DABORD est une association indépendante de personnes bénévoles qui ont décidé de sunir pour aider les enfants qui nont pas la chance de vivre dans un foyer parental uni. Ces enfants ont souvent à souffrir des règles de vie qui leur sont imposées et qui ne répondent pas à leur besoin essentiel de stabilité psychologique et affective.
En particulier, les juges aux affaires familiales ont le pouvoir en toutes circonstances dimposer à lenfant une résidence alternée et ceci crée des situations dramatiques pour lenfant.
La nouvelle loi du 4 mars 2002 relative à lautorité parentale permet à chacun des parents séparés dexercer pleinement leur autorité sur leurs enfants et de satisfaire au mieux leur propre choix quant au mode de vie de leurs enfants. Mais elle est centrée sur l « intérêt » des parents et met de côté les besoin fondamentaux du jeune enfant : sécurité et stabilité.
Lassociation se bat aujourdhui pour que ces besoins soient reconnus et mieux respectés pour le bien-être psychologique et affectif des jeunes enfants.
Ce que dit la loi
Selon la loi n° 202-305 du 4 mars 2002 relative à lautorité parentale (art.373-2-9), « la résidence de lenfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de lun deux. A la demande de lun des parents, en cas de désaccord entre eux sur le mode de résidence de lenfant, le juge peut ordonner à titre provisoire une résidence en alternance dont il détermine la durée. Au terme de celle-ci, le juge statue définitivement sur la résidence de lenfant au domicile de chacun des parents ou au domicile de lun deux ».
Premier bilan
Depuis le vote de la loi et selon les chiffres du ministère de la justice (avril 2004)*, la résidence alternée est demandée dans 10% des procédures de divorce (1,5% il y a 10 ans). Dans 25% des cas, elle est imposée contre lavis dun des deux parents. Lâge moyen des enfants est de 7 ans. Dans 70% des cas, la garde alternée exclut toute pension alimentaire.
*Mais cette étude ne prend pas en compte les séparations de couples non mariés.
GARDE PARTAGEE OU RESIDENCE ALTERNEE* : DES MODES DE VIE IMPOSES ET PREJUDICIABLES
Dans le cadre dune séparation, le projet de vie imposé à lenfant nest pas toujours conforme à ses besoins les plus élémentaires, mais trop souvent lié aux désirs personnels des adultes. Pour le nourrisson et le jeune enfant, la perte de la figure dattachement** la plus sécurisante et de son environnement est un événement grave.
Ce type de décision vise avant tout à répondre de façon égalitaire aux demandes des parents, mais ne tient aucun compte des besoins réels de lenfant qui sont sans rapport avec le temps passé avec chacun de ses parents.
En fonction de ses modalités, lalternance impose à lenfant une double vie et compromet son besoin essentiel de stabilité, de sécurité et de confiance, qui exige des attachements solides.
Toutes les études à ce sujet confirment que lalternance des attachements est gravement préjudiciable à lenfant et constitue une atteinte à ses besoins fondamentaux.
En pratique surtout, deux types dalternances sopposent et ne peuvent être confondus :
La résidence alternée organisée conjointement par les parents avec lobjectif commun du bien-être de lenfant. Elle suppose que les parents acceptent de faire des efforts pour respecter au mieux les besoins et les intérêts de leur enfant
et la résidence alternée imposée par lautorité judiciaire en labsence dentente des parents et malgré leurs désaccords. Elle respecte les termes de la loi en reportant sur lenfant les difficultés de la séparation. Ignorant délibérément les besoins fondamentaux de lenfant, cette modalité est la cause de catastrophes touchant sa formation de base et son développement ultérieur.
*La résidence alternée : cest un terme très général mêlant de nombreuses situations très différentes, doù limpossibilité dêtre « pour ou contre ». Les résidences alternées nont quun point commun, mais il est sérieux : cest lobligation pour lenfant de partager sa vie entre deux résidences
**Lattachement : il ne se définit pas en terme damour : il sagit dun lien physique continu qui crée pour le jeune enfant la « base de sécurité ». Celle-ci permettra louverture sereine de lenfant aux personnes et à lenvironnement. Le petit enfant a besoin dune figure dattachement principale et stable qui est le principal pourvoyeur de soin (habituellement la mère).
LENFANT DABORD : INFORMER ET CONSEILLER
Un rôle dinformation
Le but de lassociation est de focaliser sur lintérêt de lenfant les décisions qui le concernent, en fondant la cause de lenfant sur des connaissances scientifiques irréfutables confirmées par notre expérience et en diffusant ces connaissances auprès des personnes les plus concernées.
Les besoins affectifs et psychologiques du jeune enfant sont trop souvent ignorés de la population, de certains responsables de lenfance et des pouvoirs publics. A côté des maltraitances physiques, les maltraitances psychologiques subies à cet âge passent souvent inaperçues, mais elles persistent dans le temps, et pourront être causes à long terme de troubles divers : anxiété, dépression, voire troubles mentaux plus sévères. Ces réalités doivent être connues.
Information du grand public : concernant les maltraitances psychologiques des jeunes enfants. Les négligences et les erreurs supportées par les enfants de parents séparés peuvent être sources de désadaptation et de troubles du comportement.
Information des responsables de lenfance : ils sont les premiers concernés, dans les domaines de laccompagnement des enfants, de la santé et de la justice.
Information des pouvoirs publics : ils doivent aussi savoir quune société incapable daider ses enfants en difficulté devra faire face à leurs comportements lorsquils seront adolescents puis adultes.
Un rôle de conseil auprès des parents
Beaucoup de parents sont mis brutalement devant la nécessité de défendre les intérêts de lenfant, mais ils connaissent souvent mal les moyens quils ont de laider et de prévenir déventuelles conséquences psychologiques ultérieures. Ils ont grand besoin dune information objective et sérieuse.
Lassociation peut les aider à mieux gérer les difficultés rencontrées avec leurs enfants et à mieux organiser les démarches administratives et éventuellement juridiques auxquelles ils peuvent être confrontés.
LEnfant dAbord peut leur apporter soutien et conseils pour leur projet personnel et leurs démarches auprès des spécialistes concernés de lenfance (pédopsychiatre, conseillers psychologiques, avocats, médiateurs
).
Parallèlement, LEnfant d Abord souhaite colliger des situations individuelles éprouvantes et dangereuses pour lenfant, et en faire état afin de faire évoluer dans lintérêt de lenfant des méthodes et des décisions trop souvent inadaptées.
CE QUE DEMANDE LASSOCIATION LENFANT DABORD
Respecter les besoins du jeune enfant
LEnfant dAbord demande que dès le premier âge soient favorisées les rencontres de lenfant avec ses deux parents en évitant le déplacement trop précoce du petit enfant chez chacun des parents et les déchirements de la séparation.
Laménagement de visites très fréquentes du parent qui na pas la garde au domicile (ou près du domicile) habituel de lenfant répond à cette double nécessité : par exemple visites de quelques heures plusieurs fois par semaine, et si possible chaque jour.
Cet aménagement permet à lenfant de bien connaître et dacquérir une pleine confiance dans le parent qui ne vit pas avec lui. Il devrait se substituer le plus souvent au système de la garde alternée qui soppose au besoin de stabilité essentiel à cet âge.
LEnfant dAbord demande que ce mode de rencontre soit systématiquement envisagé dans le très jeune âge afin de mieux respecter les besoins du petit enfant.
Renforcer les moyens de la justice aux affaires familiales
.
LEnfant dAbord demande que les moyens de la justice des affaires familiales soient notablement confortés par une augmentation du nombre et des moyens des juges en proportion de leurs charges croissantes et par une formation des responsables de lenfance aux spécificités très particulières de leur fonction.
Lassociation réclame une commission dexperts cliniciens (pédopsychiatres et psychologues) chargés de définir les conditions dapplication de la loi les plus conformes aux besoins de lenfant.
Favoriser la médiation familiale
Labsence dentente entre les parents, voire leur mésentente (jalousie, rancur, désir de vengeance) sont parfaitement perçues par le petit enfant qui peut se trouver en position dotage et de responsable dune situation quil ne peut assumer.
En cas de mésentente parentale caractérisée (hors violences conjugales physiques et psychologiques), il faut que les deux parents soient mis en contact en présence de médiateurs spécialisés, sous la forme de rencontres répétées pendant plusieurs semaines. Ce qui ne peut être résolu lors dune rencontre unique avec le juge pourra ainsi faire lobjet dune réflexion approfondie à la recherche dune solution visant lintérêt de lenfant.
LEnfant dAbord demande que la médiation familiale soit plus souvent mise en uvre.
Provoquer un aménagement adéquat de la loi du 4 mars 2002
Lassociation souhaite que soient respectés les besoins du jeune enfant démontrés par lexpérience et confirmés par la recherche clinique en modulant les modalités dapplication de la loi du 2 mars 2002 en fonction de lâge, de la maturité et des besoins de lenfant et du contexte familial.
LES PRINCIPALES MESURES PROPOSEES
1. Créer un Ministère des droits des enfants avec intervenants reconnus, pluridisciplinaires.
2. Inscrire dans la loi, à linstar du Canada, que lenfant est dès sa naissance sujet de droit.
3. Ne plus autoriser la résidence alternée imposée par le système judiciaire.
4. Ne pas retirer les enfants à celui des parents qui a été le premier et principal pourvoyeur de soins (sauf pathologie de ce dernier).
5. En cas de violences conjugales avérées retirer lautorité parentale au conjoint agresseur.
6. De 0 à 3 ans : privilégier un droit de visite puis dhébergement très progressif.
7. De 3 à 8 ou 9 ans : Un week-end sur deux et une ou deux soirées par semaine où le parent qui na pas la garde (le père le plus souvent) prend son enfant, dîne avec lui, laide éventuellement aux devoirs et le ramène au domicile maternel.
8. Après 8-9 ans : lenfant doit pouvoir choisir son lieu de vie et voir lautre parent dans les mêmes conditions. Au-delà de 8 ou 9 ans, prendre en compte les souhaits de lenfant par lintermédiaire de professionnels compétents.
QUELQUES REFERENCES SCIENTIFIQUES
S.I. GREENSPAN, Professeur de Pédiatrie et Psychiatrie de lEnfant, Université G. Washington
T.B. BRAZELTON, Professeur de Pédiatrie clinique, Faculté de Médecine de Harvard,
« Ce quun enfant doit avoir », Stock éd. Paris
Ils préconisent une grande progressivité dans les séparations de lenfant de son principal pourvoyeur de soins, sauf à provoquer « des conséquences graves et entraîner des régressions ».
J. SOLOMON et C. GEORGE, spécialistes américaines mondialement reconnues par la communauté scientifique
Etude de 1999 « limpact sur lattachement des séparations mère enfant » commanditée aux USA par le Programme de Recherche de la Santé chez lenfant
2/3 des enfants de 12 à 20 mois revus entre 24 et 30 mois et qui passent une ou plusieurs nuits loin de leur mère ont un attachement à celle-ci beaucoup plus insécurisé et même « désorganisé », alors que les nuits chez le père napportent aucun bénéfice à la qualité du lien père enfant.
G. LIOTTI (1999) chercheur neuropsychiatre de lUniversité de Rome, considère un tel attachement « désorganisé » comme un antécédent de troubles dissociatifs (anomalies fonctionnelles, sans lésion anatomique, associant des troubles de la personnalité, des réactions dangoisse incontrôlée, des troubles de la mémoire et de la logique de pensée, des difficultés dans les relations avec les autres personnes
).
COMMISSION GENRE ET JUSTICE DE LETAT DE WASHINGTON , 1999
Etude de grande qualité méthodologique des travaux scientifiques validés : les experts consultés sont opposés aux résidences alternées généralisées et imposées par les tribunaux
Voir le site http://www.lenfantdabord.org / travaux de référence
M. BERGER, Chef de Service de Psychiatrie de lenfant au CHU de Saint Etienne, Professeur associé de Psychopathologie de lenfant à lUniversité Lyon II
A. CICCONE, Professeur de Psychopathologie de lenfant, Institut de Psychologie, Université Lyon II
N. GUEDENEY, Pédopsychiatre, ancienne Assistante Chef de Clinique, Psychiatre des Hôpitaux, Coauteur de « Lattachement », Masson éd., Paris, 2002
H. ROTTMAN, Pédopsychiatre, ancienne Assistante Chef de Clinique, Psychiatre des Hôpitaux, ex-directeur du Service de Placement familial au Centre de Santé mentale du 13ème arrondissement de Paris
« La résidence alternée chez les enfants de moins de 6 ans : une situation à hauts risques psychiques»
Voir le site http://www.perso.wanadoo.fr/maurice.berger
LEXPERIENCE DE TERRAIN DE LASSOCIATION
Les constats et chiffres de lassociation :
- Chaque mois 25 parents en moyenne font appel à lassociation : à ce jour (janvier 2005), plus de 800 pères et mères, et 350 dossiers concernent des enfants de 0 à 9 10 ans
- Tous ces enfants sont soumis à des rythmes dalternance inadéquats imposés par le système judiciaire, sans tenir compte de lâge de lenfant, des violences conjugales, sans détermination du principal pourvoyeur de soins, et sans respecter le désir profond de lenfant lorsquil est à même de le formuler.
- Dans 50 à 60% des cas soumis à lassociation, la séparation est due à des violences conjugales de toutes natures qui perdurent après la séparation.
- Dans 20% des cas, ces séparations sont liées au désintérêt total du conjoint pour la vie de famille et les enfants.
- Dans quelques cas (1%), le père a souhaité évincer la mère dès la naissance de lenfant.
Lanalyse des dossiers montre les faits suivants
La résidence alternée imposée (selon des rythmes divers) sans tenir compte de lâge de lenfant ni du conflit parental (à son point dexacerbation au moment de la séparation) est une décision à haut risque. Elle nest pas « la moins mauvaise des solutions ». Elle est le système qui fait le plus de ravages chez nombre de jeunes enfants de parents séparés.
Dans la majorité des cas, lalternance du jeune enfant ne se fait pas entre la mère et le père, mais entre la mère et la grand-mère paternelle, ou entre la mère et la nouvelle compagne du père, ou encore entre la mère et la jeune fille au pair.
La multiplication des dossiers denfants en souffrance que lassociation recueille permet une estimation des niveaux de risque encourus par lenfant selon les situations qui lui sont imposées.
SITUATION ENFANT DE 0 A 6 ANS ENFANT DE PLUS DE 6 ANS
Séparés + entente parentale
Risque variable Risque modéré
Séparés + conflit
+ alternance de la résidence
Risque majeur Risque sérieux
Schéma des niveaux de risque de troubles encourus par lenfant dans les différentes situations dalternance de sa résidence : le principe de précaution ne sapplique pas à lenfant atteint par la séparation de ses parents.
Un exemple : le planning de vie dun enfant de 5 ans et de son frère adolescent
Le rythme
.
1er, 3ème, 5ème week-end chez le père du vendredi sortie décole au lundi matin rentrée des classes.
2ème et 4ème milieux de semaine du mardi sortie décole au jeudi matin rentrée des classes.
Les conséquences
Chez le jeune enfant, une année scolaire à ce rythme commence à en montrer les effets : troubles du sommeil, crises de larmes intempestives sans aucune raison apparente.
La maîtresse et la directrice de lécole maternelle, inquiètes de constater quun enfant qui allait bien et était épanoui devenait triste et absent, ont proposé den faire état par écrit. La directrice a pris contact avec la Sous-directrice de la petite enfance à la D.A.S.E.S. Celle-ci a répondu quil leur était formellement interdit de faire état des troubles constatés sur le petit garçon. Elles ne peuvent donc que constater impuissantes les effets de la loi.
La pédopsychiatre consultée entend lenfant qui dit quil veut dormir chez sa maman, il nose pas en parler à son père et demande à la pédopsychiatre de le lui dire. Elle prend contact avec le père, lui explique. Le père répond quil y a droit, que cest la loi
La pédopsychiatre ne peut elle non plus faire état de ce quelle a constaté et entendu de la demande de lenfant, lOrdre des Médecins linterdit. La pédiatre qui suit lenfant depuis sa naissance constate elle aussi la tristesse de lenfant, elle est désolée, il lui est interdit den faire état.
La première année de la séparation des parents, les enfants nétaient pas soumis à ce rythme qui na été décidé par le juge que le jour de la non conciliation. Les enfants allaient bien et étaient contents de voir leur père. Les troubles constatés chez le plus jeune des enfants font apparaître une grande insécurité.
-> Pourquoi de telles violences faites aux enfants ?
-> Où sont les droits de lenfant de la Convention Internationale ?
-> Qui portera la responsabilité des désordres qui ne manqueront pas dapparaître chez les enfants et adolescents soumis à de tels rythmes de vie ?
|
|

|
En Librairie «
|
|
|
|
LE LIVRE NOIR DE LA GARDE ALTERNÉE
Édition Dunod par
Jacqueline Phélip
|
La loi du 4 mars 2002 sur lautorité parentale a octroyé aux juges aux affaires familiales le pouvoir dimposer une résidence ou garde alternée, au nom de « lintérêt supérieur de lenfant ».
Cet « intérêt supérieur » de lenfant constitue une formule théorique qui désigne en réalité lintérêt des parents.
Ces enfants de 0 à 6, 7 ans mais souvent plus âgés, sont traités comme des biens indivis qui relèveraient dun droit de propriété. |
|
|
|
|
|